2 novembre 2009
Cet été, une petite troupe de terriens a investi le hangar de l'Aéro-club duFinistère sousla conduite du graffeur Nazeem. Unefresque deprès de 100m rend désormais hommage auxgloires del'aviation.
«Dès qu'il faisait beau, on voyait les locaux se remplir de pilotes à la recherche d'un avion disponible. C'était vraiment étonnant de voir comment les variations de la météo jouaient sur la fréquentation du lieu», raconte Nazeem Mouinoudine, graffeur qui a dirigé une équipe de sept jeunes sur ce projet associatif de fresque. L'aéro-club fournissait les bombes de peinture et les artistes avaient toute liberté de choisir leurs motifs autour du thème del'aviation. Comme aiment à le répéter les pilotes amateurs, l'avion est un moyen de voyager rapidement pour des gens qui ont le temps d'attendre qu'il fasse beau pour pouvoir décoller! Et, cet été, les fenêtres n'ont pas été des plus fréquentes. Nazeem, Arnaud, Erwann, Gwendal-Wen2, Mickaël, Sébastien, Thomas et Yoan ont donc pu travailler à leur rythme sur les murs du hangar de l'aéro-club. Tous appartiennent à l'un des deux groupes brestois de graffeurs: les West-Writter, avec deux T pour tout-terrain et les D1 (à prononcer Diwan comme en breton).
Des frères Wright au Concorde
«J'ai commencé par m'informer sur l'aviation et j'ai consulté ?Carnet de vol?, un ouvrage qui retrace l'histoire du club édité pour ses 70 ans. Ensuite, j'ai fait toute la trame avec les formes graphiques globales». Pas de dessin préliminaire sur le mur. «Cela se fait à la bombe de peinture ; pour moi, c'est comme un crayon». Dans les fresques, on retrouve les frères Wright ou la barque ailée de Jean-Marie Le Bris jusqu'au Concorde. Parmi les visages engoncés dans les bonnets de cuir des aviateurs des temps héroïques, on reconnaît Charles Lindbergh, l'Américain qui a, le premier, traversé l'Atlantique le 21mai1927, le profil d'Antoine de Saint-Exupéry, mais aussi des femmes pilotes comme la Française Hélène Boucher et l'Américaine Amélia Earhart. On trouve aussi des figures locales, comme Charles Peslin, fondateur de l'Aéro-club du Finistère en 1930.
La mascotte du club
L'avion rouge décoré d'une sorcière est aussi le clin d'oeil à la section des constructeurs amateurs du club. Quelques-uns des dix avions de la flotte brestoise se retrouvent aussi dans cette évocation. Au-delà des deux Aquila, cinq Robin DR 400, du Piper Cadet et du TB20 Trinidad de cinq places, la véritable mascotte de l'aéro-club reste le Piper J3, un avion de reconnaissance de 1944, entièrement restauré par les mécanos du club et peint aux couleurs américaines. C'est aussi le moins cher, il ne coûte que 90EUR de l'heure au pilote qui l'emprunte contre 180 EUR pour TB20 de cinq places. Les huit artistes ont été invités à prendre de l'altitude avec les pilotes amateurs. «Pour l'instant, il n'y a que Yoan qui a fait son baptême de l'air, mais c'est certain, je vais y aller bientôt».
«Décider de passer son brevet de pilote est un engagement financier important: entre 5.000 et 10.000 EUR. Nous avons donc conçu un produit pour ceux qui souhaitent essayer avant de se lancer. Ce pack découverte offre trois heures de vol avec un instructeur pour découvrir l'univers aéronautique», expliquent Bernard Vanlerberghe, responsable de la commission animation à l'Aéro-club du Finistère et Marie-Hélène Bruzac, bénévole au club. Le club propose des tarifs intéressants aux moins de 25 ans: ainsi le pack découverte leur est facturé 300EUR contre 450 EUR pour les plus de 25 ans. Et il est possible de démarrer une formation à 15ans et demi et donc d'apprendre à voler avant même de pouvoir conduire une voiture.
«Pour moi, labombe depeinture estcomme uncrayon »

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