5 novembre 2009
Souvent appelé «l'enfant terrible du Baroque», Jean-Christophe Spinosi a volontiers accepté un entretien avant son concert. De la Corse d'où il est originaire et de la Bretagne où il vit, Jean-Christophe Spinosi souligne l'identité culturelle, la beauté des paysages et le caractère fort des gens. «On prend la Bretagne enpleine poire comme la Corse, les deux se ressemblent et s'assemblent». Des enfants terribles, le maestro a gardé l'insolence, le charme, la fougue et lutte pour une forme d'indépendance musicale. «Ilfaut connaître parfaitement les codes mais pouvoir s'en libérer car, pour créer, il faut être aubord du déséquilibre, explique-t-il. On ne doit pas toujoursjouer la musique avec le même accent, le public a besoin de l'entendre comme si elle était parlée. Le but: mettre les âmes etlesémotions en résonance. Cequi m'intéresse, c'est d'être bouleversé». Enfin, Jean-Christophe Spinosi s'est exprimé avec tact et sans esprit de polémique sur les paroles sévères prononcées par Paul Kuentz il y a quelques mois (notre édition du 22juillet dernier), précisant qu'il n'avait été ni son élève ni celui de sa femme. «J'aimerais pouvoir penser aux musiciens de la génération précédente comme à de bons vieux maîtres, a-t-il ajouté. Je ne me permettrais pas de critiquer PaulKuentz. C'est quelqu'un qui avance avec enthousiasme; il a apporté beaucoup mais c'est dommage de tenir des propos un peu excessifs. Je préférerais qu'il parle de musique». Et le maestro de conclure un peu malicieusement: «Peut-être a-t-il gardé l'esprit et la fraîcheur de ses 20ans!».
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