23 octobre 2009
Le camping de la Grève Blanche risque-t-il de fermer? «Si le nouveau sentier côtier passe sur mon terrain, oui», assure Loïg Roudaut, son propriétaire.
L'histoire commence en 2003, quand Loïg Roudaut rachète le camping municipal de la Grève Blanche, dont il était jusque-là le gérant. Mauvaise surprise en 2006: le Plu (plan local d'urbanisme) -décidé par la Commission des sites et qui sera approuvé par le conseil municipal en 2008- vient réduire des deux-tiers les capacités d'exploitation commerciale de son terrain. Loïc Roudaut s'indigne et écrit à la mairie. Mais selon le maire, André Lesven: «M. Roudaut était au courant des modifications du Plu au moment de son achat.» «Faux, répond Loïg Roudaut. Le notaire ne m'a pas transmis le document. C'est vrai que j'aurai dû m'en inquiéter.Cela dit, si j'avais eu connaissance du Plu, je n'aurais pas acheté pour 213.400 euros un terrain de près de trois hectares dont il me reste aujourd'hui moins d'un hectare à exploiter.(1)» Loïg Roudaut saisit finalement le tribunal administratif en décembre dernier.
La clef sous la porte
Nouveau rebondissement début octobre: le propriétaire de la Grève blanche apprend qu'une enquête publique vient d'être lancée pour réaménager le sentier côtier, dont une partie longe son camping. L'étude préconise que le passage se fasse désormais à travers le camping, car les dernières tempêtes ont fini d'âbimer le sentier actuel. «Cela m'enlèverait encore 30 emplacements sur les 100 qui me restent. C'est 50% de mon chiffre d'affaire en moins. Je n'ai plus qu'à mettre la clé sous la porte.» Pour Loïc Roudaut, la solution passe par un enrochement qui consoliderait le sentier existant. «Une méthode qui n'est plus utilisé pour des questions écologiques, note André Lesven. Mais si le conseil général, dans un élan de générosité, accepte, pourquoi pas?»
Vers un nouveau dialogue
Dans son combat, Loïg Roudaut a trouvé le soutien de l'office de tourisme (dont il est le vice-président) et de l'opposition municipale. Les commerçants de Plouguerneau lancent une pétition en sa faveur. Ils appellent aussi à un rassemblement devant la mairie le matin du 31 octobre, jour de permanence du commissaire-enquêteur. Contactée, la CCI appelle, elle, à une conciliation «qui n'a jamais eu lieu.» Le dialogue est-il possible ? «Nous n'avons aucun intérêt à voir fermer le camping, assure le maire. Si les tensions s'apaisent, nous sommes même prêts à formuler de nouvelles propositions pour la révision du PLU en 2011 pour obtenir un zonage plus cohérent avec son activité.» (1) Pour comparaison, un camping de bord de mer situé dans un secteur proche est évalué à 600.000 euros les 5ha.
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