24 janvier 2012
C’était un premier objectif. Redevenir champion de Bretagne du lancer du poids. Il l’est, au moins en salle, depuis dimanche. Thomas Quentel est né à Concarneau il y a 33 ans. Son métier l’a emmené en région parisienne et il a lancé pour plusieurs clubs là-bas avant de s’installer à Nantes.
"Battre le record de Bretagne"
Mais le Finistère lui manquait tant et, tout en vivant toujours à Nantes, il a pris une licence au Pays de Landerneau Athlétisme cette année. "Je voudrais redevenir régulier au-dessus des 17 m et battre, un jour, le record de Bretagne", lance cette armoire à glace de 1,93 m pour 118 kg.
Pour l’heure, avec un jet de son poids de sept kilos à 18,20 m, il détient celui du département. Il lui faudra passer au-delà des 18,91 m. "Physiquement, j’en suis capable, c’est l’aspect technique qui fera la différence. Il y a encore du boulot", sourit-il. "D’ici deux ou trois ans, peut-être ?" Dimanche dernier, il l’a emporté avec 16,28 m.
Six sélections en équipe de France
Pas de Jeux olympiques en vue pour cet ancien champion de France junior, dont les six sélections en équipe de France remontent à plus de dix ans. Mais de beaux objectifs tout de même, avec un atout : "Je lance en rotation, comme on lance le disque. Aux Etats-Unis, cela se pratique énormément mais en France, c’est très méconnu encore. Je suis l’un des très rares à le faire. On part de dos, on fait un tour et boum ! Cela donne plus de vitesse et on exploite mieux ses qualités physiques".
Interventions musclées dans les manifs
Des qualités qui lui sont très utiles aussi dans son activité professionnelle. "Comme policier, j’interviens dans des opérations musclées", dit-il. "Les manifestations, les bagarres, etc. Ce qui m’a fait choisir ce métier, c’est l’adrénaline, le fait qu’il n’y a pas de routine. Et puis il y a un esprit de cohésion avec les collègues. Un peu comme dans des sports collectifs, oui, comme le rugby, que j’aime bien et que j’ai un peu pratiqué à Quimper étant plus jeune".
"Mais on sait qu’on n’est pas aimé… On fait avec. Les gens nous remercient parfois, plus tard… On leur rend service même s’ils ne s’en rendent pas forcément compte sur le moment". Autant dire que lorsqu’il voit des images de manifs à la télé, Thomas a un regard particulier sur les gardiens de la paix et sur les événements. "Les pavés ? C’est plutôt nous qui les prenons !"
"Du mal à faire confiance"
Cet homme calme, réfléchi, qui se définit comme introverti, a des choses à dire… "J’aime les gens humbles, honnêtes et j’ai du mal à en trouver et à faire confiance. Peut-être aussi que dans ma profession, on voit souvent la face sombre de l’être humain. Le sport et la famille aident à déconnecter".Il estime aussi, par ailleurs, qu’il faudrait davantage de contrôles antidopage, notamment dans sa discipline, souvent suspectée.
C’est à Sandrine et à leurs enfants Chloé (cinq ans) et Arthur (trois ans) que Thomas consacre l'essentiel de son temps libre. Sachant que, pour le reste, avec ses heures de travail plus la quinzaine qu’il consacre chaque semaine à l’entraînement (lancers, musculation, parfois la nuit dans son garage), il est déjà bien pris.
19 février 2012 à 17h37
19 février 2012 à 16h50
12 février 2012 à 21h02 - 2 réaction(s)