2 octobre 2009
Lancée depuis seulement trois ans, la filière maçonnerie du lycée Saint-Joseph compte déjà 45 élèves. Ces jeunes se préparent à un métier du bâtiment avec un avenir assuré.
«Les entreprises du secteur savent peu que nous dispensons cette formation», constatent Hervé Nicolas et Herlé Sévellec, les deux jeunes enseignants de cette filière technologique. Le lycée Saint-Joseph est le seul établissement privé dans le Grand ouest à proposer cette filière maçonnerie.
Construire sa maison tout seul
La première promotion du BEP a réuni douze jeunes. «Ils ont tous été reçus à leur examen en juin». Les professeurs espèrent le même succès au CAP. Les six premiers candidats seront présentés à la fin de l'année scolaire. La nouveauté de cette rentrée est le baccalauréat professionnel en trois ans intitulé «technicien du bâtiment, organisation et réalisation de gros oeuvre» qui a fait passer l'effectif global à 45 jeunes hommes. «Ils sont tous volontaires pour apprendre ce métier; ce n'est pas une formation subie», précise d'emblée Herlé Sévellec. Les élèves le confirment. Ainsi, Romuald, originaire d'Irvillac qui voulait absolument de diriger vers une profession manuelle. «J'ai commencé par une formation de carreleur. Mais, j'avais envie de travailler dehors, même l'hiver». Benoît, 17 ans, de Brest, aime lecôté physique du métier et laliberté qu'il procure. «Je vais pouvoir construire ma maison tout seul», lance-t-il.
Une scolarité complète
La revalorisation des métiers manuels est dans l'air du temps. «Un bon maçon gagne bien savie». Les enseignants s'attachent aussi à ce que le CAP soit connu et reconnu. «Nous nous efforçons de créer des passerelles afin d'amener le maximum de jeunes jusqu'au bac», d'où l'importance d'une scolarité complète. Sur les 32heures de leur emploi du temps hebdomadaire, les jeunes passent huitheures en atelier. Le reste est consacré aux maths appliquées, à la physique et autres matières d'un enseignement général poussé et diversifié.
Hier était jour de travaux pratiques. Truelle et taloche en mains, les élèves empilaient les parpaings de béton et s'affairaient à cimenter les joints avec précision.
Un métier qui évolue
«Ils réalisent un angle de maison avec un plan incliné sur un pignon. Ils prévoient aussi un emplacement pour une fenêtre. Un exercice qui n'est pas si simple qu'on le pense. Il exige beaucoup de calculs. Nous sommes très pointilleux sur les détails», disent les enseignants. Petit à petit, ils apprennent aussi à utiliser des matériaux nouveaux, plus respectueux de l'environnement. «Avant Noël, nous aurons fini la partie maçonnerie de la maison verte que nous édifions en interactivité avec les élèves menuisiers, électriciens et agenceurs de l'établissement. Nous utilisons un produit à base de roche volcanique pour les sousbassements». La section maçonnerie a aussi fabriqué une aire de jeux d'extérieur en béton pour les jeunes enfants. «On aimerait beaucoup avoir un agrément pour cet aménagement», glisse Hervé Nicolas.
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