30 septembre 2009
La ville veut bien transférer à l'agglomération sa compétence de participation au fonctionnement du pôle universitaire briochin. Mais pas à n'importe quelle condition! Tel est le message adressé, hier soir, par la majorité municipale.
Qu'on se le dise: ce n'est pas le principe du transfert de sa compétence de participation au fonctionnement du pôle universitaire briochin qui pose problème à la majorité municipale; mais les modalités financières de ce transfert qui lui sont proposées par Saint-Brieuc Agglomération. Hier soir, en lançant le débat au conseil municipal, le maire a voulu d'emblée préciser le cadre de la discussion. Car le sujet est pour le moins complexe financièrement. On a ainsi beaucoup parlé de dotation d'attribution de compensation, «de charge de centralité», «d'impact direct et induit» des activités universitaires, le tout en jonglant avec des centaines de milliers d'euros.
«Coup de poker osé»
Surtout, la question est très délicate politiquement. Dire «non» à ce transfert, alors que certaines communes de l'agglomération ont déjà débattu du sujet, c'est risquer de se voir accuser de mettre à mal la coopération intercommunale. Ou, pour le moins, pour reprendre la formule de Christine Gacel, conseillère municipale (PS), «tenter un coup poker osé». À ses côtés, Pascal Bourquard, porte-parole des élus socialistes, juge en tout cas que c'est «une occasion ratée» pour le pôle universitaire. Car l'Agglo était prête à prendre charge le développement du pôle universitaire... à certaines conditions. Des conditions financières qui, sans rentrer dans le détail, sont impossibles à accepter pour la majorité briochine, et cela, au nom de «l'équité» a martelé Bruno Joncour. Et le maire n'est pas le seul de cet avis. Que YannDrévès, porte-parole de la majorité, le dise aussi, n'a rien d'étonnant. Mais AnnieMeyer (PC) a jugé les conditions financières de ce transfert «inadmissibles pour les Briochins qui ont supporté la charge de ce pôle pendant 20ans». Christine Gacel l'a également admis: «C'est vrai, qu'effectivement, Saint-Brieuc aurait pu espérer plus!».
«Plus de volonté politique!»
«Je conçois que la proposition de l'agglomération ne soit pas pleinement satisfaisante pour la ville de Saint-Brieuc! Mais c'est le cas, aussi, pour les autres villes de l'agglomération!», a reconnu de son côté, un peu embarrassé, PascalBourquard. Pour Annie Meyer, de toute façon, le débat n'est pas là. «Il est indispensable de différer ce transfert de compétence pour faire pression sur l'État, dans le cadre de la réforme des collectivités territoriales (...) Mais il faudrait (...) plus de détermination et de volonté politique!» Car, depuis 20 ans, tous les élus l'ont rappelé, la ville de Saint-Brieuc supporte, avec le conseil général, une charge qui incombe normalement à l'État. Que change le vote d'hier soir pour ceux qui prennent ce matin le chemin du campus Mazier? Pour l'instant, pas grand-chose! Grâce aux contribuables briochins, le pôle universitaire va continuer à fonctionner comme lors des 20 dernières années. En accueillant les étudiants originaires de toute l'agglomération, voire même, ceux venus d'ailleurs.
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