Sports. Les Briochins ont le vent en poupe
Parmi les sportifs récompensés mardi soir, à l'hôtel de ville, figuraient deux hommes de la mer : Frédéric Duthil et Pascal Quintin. Coup de projecteurs sur ces deux skippers, habitués des grandes traversées.À partir de mardi prochain, Frédéric Duthil sera à Nice (06) pour le départ de la course Cap Istanbul. Pourtant, avant de se lancer dans la course au large et de concourir sur des monocoques, le licencié du club municipal de voile de Saint-Brieuc était un spécialiste de la planche à voile.
Membre de l'équipe de France de voile pendant sept ans, ce Briochin de 34 ans a même failli représenter la France aux jeux Olympiques d'Atlanta et de Sydney. « Mais, il n'y avait qu'un seul représentant par nation et, donc, une grosse concurrence », explique-t-il.
Fred Duthil
espère confirmer
En 2000, auréolé « de pas mal de titres » dans divers championnats, le navigateur décide de donner un nouveau virage à sa carrière : il devient skipper.
Quatre ans plus tard, il participe à sa première solitaire du Figaro : « C'est une course très exigeante. L'étape obligée pour pouvoir participer à des épreuves comme le Vendée Globe », souligne-t-il. Aujourd'hui, cet expert en assurance est devenu l'un des meilleurs spécialistes de cette course : deuxième en 2007 derrière Michel Desjoyaux, en remportant deux étapes, il a confirmé cette année en montant sur la troisième marche du podium (ajoutant, en prime, une victoire lors de l'ultime étape).
« Le projet maintenant, c'est d'aller chercher la gagne. Mon but, c'est de remporter un jour la Solitaire. Il faut encore que je confirme mes bons résultats ». Histoire de pouvoir, à son tour, participer à un Vendée Globe.
Pascal Quintin : « 48 ans
et toujours passionné »
De leur côté, Pascal Quintin et son équipage sont partis de loin, très loin. « En 2006, notre bateau a coulé en plein Océan Atlantique, confie le navigateur. On n'était pas assuré tout risque, du coup, on était vraiment motivé à le récupérer ! ».
En 2007, lui et ses sept équipiers sont allés chercher le trimaran perdu en pleine mer et l'ont remis en état. Chacun a aidé en fonction de sa spécialité : l'électricité, l'informatique, etc. En juin 2008, ils étaient prêts à relever un nouveau défi sur leur bateau retapé. Ils ont terminé quatrième de la transat Québec - Saint-Malo, « avec un tout petit budget, précise-il. La voile est aussi un sport mécanique, c'est certain, le financement joue dans les résultats ».
L'équipe « Forget formation » a ensuite terminé troisième du trophée Stalaven et a enchaîné avec le trophée de Saint-Malo, en décrochant la quatrième place. « Je suis vraiment satisfait de nos résultats », annonce Pascal Quintin.
Le secret de cette formidable remontée ? La même équipe depuis des années : « Sur le bateau, on n'a même plus besoin de se parler, il y a une telle complicité entre nous qu'un regard suffit », assure le navigateur.
Ce dernier a commencé la voile à 12 ans. Il en a 48 aujourd'hui, est toujours aussi passionné et n'est pas prêt de s'arrêter. D'ailleurs, un nouveau projet est né : l'équipe se lance dans la construction d'un nouveau bateau.