5 septembre 2009
Amoureux de la mer, les hommes de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), de Saint-Quay Portrieux, sont tous bénévoles... pas amateurs. Jour et nuit, l'année entière, ils sortent en mer pour sauver des vies.
Lunettes noires sur le nez et combinaisons orange vif sur le dos, Denis, Thierry, Charles, Yannick et Marc s'apprêtent à larguer les amarres. Pas de petite balade estivale pour ces loups de mer, tous retraités, mais le sauvetage d'un bateau en détresse... Enfin presque. C'est un départ en exercice pour la vedette Sainte-Anne du port de la station SNSM de Saint-Quay-Portrieux.
Cap au nord
Pour cette session d'entraînement, la destination et le type de bateau sont inconnus de l'équipage. Sauf pour Charles Guillaumin, le patron de service, qui organise l'opération: «Moi je sais où on va, mais pas eux», confie-t-il avec un clin d'oeil. Première étape de la mission, les hommes doivent localiser le bateau en difficulté. À bord, l'ambiance est détendue et chacun tient son rôle: Denis à son poste de navigateur, Marc, Yannick et Thierry sur le pont, Charles à la barre. Aidé par les indications du sémaphore de Saint-Quay et les outils de cartographie, le bateau fait route au nord. «Avec notre système de guidage et la radio qu'ils ont dans leur embarcation, on sait qu'ils sont dans cette direction», explique Denis Leveque, tout en gardant un oeil sur le radar.
Vedette insubmersible
Le navire est équipé de la pointe de la technologie, pour mener les opérations de sauvetage. Dans la cabine: une carte numérique, un ordinateur, un sondeur, un radar et un goniomètre permettent d'établir la position du bateau. En cas d'urgence, le gyrophare sur le haut du bateau passe au rouge. Quant au moteur, c'est encore Yannick, le mécano à bord, qui en parle le mieux: «Il y a 1.000 chevaux de puissance, il est homologué pour aller à 24/25 noeuds dans les creux de quatre mètres!». Auto-retournable et équipé de compartiments étanches, le SNS 256 ne peut pas chavirer. Qualité indispensable pour porter secours aux bateaux pris dans la tempête.
Des bénévoles très pros
«Même si on est bénévole, ce sont des vies humaines qui sont en jeu et on risque notre peau», martèle Charles Guillaumin, à la barre. Après un quart d'heure de recherches, les sauveteurs ont repéré le bateau en panne entre deux rochers. Agitation du côté du pont. En quelques minutes, Yannick et Marc, les deux canotiers matelots, embarquent sur le canot pneumatique. La priorité: comprendre la situation du bateau en difficulté et ramener s'il y a lieu les blessés sur la vedette. «SNS 256 à Zodiac, je vous demande la situation du bateau». Dans la radio de Denis, des grésillements. «Zodiac à SNS 256... quatre personnes à bord dont un blessé léger... C'est une avarie moteur», répond Yannick. «On transfère le blessé», tranche le patron.
Le sourire pour récompense
Sur le navire, tous sont diplômés de la formation aux premiers secours et détenteurs du permis bateau. Les recrues partent en exercice pendant une période de six mois. Mais c'est d'abord la motivation qui prime: «Certains viennent un peu pour l'uniforme, mais après une mission chaude par gros temps, on ne les revoit plus», poursuit le patron. Car s'engager comme sauveteur à la SNSM demande des sacrifices. «Quand on est d'astreinte, on peut être appelé à n'importe quelle heure, on doit appareiller dans le quart d'heure», raconte Thierry Esteve, ancien agent de la RATP passé «des trains aux bateaux!». Yannick, lui, était mécanicien à EDF et pompier volontaire pendant 15 ans. «Toute ma vie j'ai été au service des autres et la mer c'est ma passion», explique-t-il. Les hommes de la SNSM n'ont pas tous le même parcours, mais ils ont en commun l'amour de la mer et l'envie d'aider les autres. Comme le résume Thierry: «Notre récompense, c'est le sourire des gens quand ils nous voient arriver.»
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