31 décembre 2008
La régie de quartiers vient de perdre le marché public portant sur l'entretien des immeubles HLM de Balzac et de La Croix-Lambert. Les salariés font circuler une pétition auprès de la population.
Lors de la dernière assemblée générale de la régie de quartiers, Martine Chesnais, présidente de l'association d'insertion et de cohésion sociale, et Jacques Savé, son directeur, avaient tiré le signal d'alarme (Le Télégramme du 8 octobre 2008). Apparemment dans le vide.
La régie perd Balzac
et La Croix-Lambert
Car, ce qu'ils redoutaient ce soir-là, vient de se produire. Dans le cadre d'une procédure d'appels d'offres portant sur un marché public d'entretien des espaces communs des HLM de Balzac et de La Croix-Lambert, soit 1.868 logements, Cabri habitat vient de retenir l'offre d'une entreprise privée de nettoyage de la région nantaise. Un véritable coup dur pour l'association briochine créée il y a 15 ans : son activité économique dépend à 80 % des contrats passés avec le bailleur social de l'agglomération. Une activité qui représentait 56.500 heures de travail l'an passé, « et 446.000 de salaires nets redistribués sur les quartiers et l'office HLM Cabri habitat », avait précisé Jacques Savé, en octobre.
Un directeur qui participait, hier soir, au centre social du Plateau, à une réunion de crise du conseil d'administration réuni par Martine Chesnais. À l'extérieur du bâtiment, Philippe Le Ray, délégué syndical FO de la régie, dénonçait la fin des contrats de travail aidés pour neuf des 12 salariés employés, jusqu'alors, par la régie au nettoyage des cages d'escaliers et des containers et poubelles, à Balzac et à La Croix-Lambert. D'après lui, l'entreprise nantaise reconduirait seulement trois salariés dans leur mission. Surtout, Philippe Le Ray redoute qu'un scénario identique se produise en juin 2009, pour le même marché, sur le parc HLM de l'Europe et des Villages. Ce qui signerait l'arrêt de mort de la régie de quartiers.
Pas de clause sociale ?
Y avait-il une alternative à cette situation, sachant que les appels d'offres pour les marchés publics obéissent à des règles très strictes ? Certes, le gouvernement lance, en 2009, une révision générale des politiques publiques dans le domaine social. Mais Éric Le Courtois, secrétaire de l'Union départementale, et Christine Aubery, secrétaire départementale FO de l'action sociale, sont catégoriques : Cabri habitat avait la possibilité d'intégrer une clause sociale dans les conditions du marché public.
Une clause qui voulait que la régie de quartiers embauche des personnes habitant sur place. En 2007, 73 Briochins avaient ainsi été salariés (43 en 2008), sur des contrats d'une semaine, des CDD de plusieurs mois, voire de CDI : il s'agissait en majorité de femmes de plus de 45 ans, sans permis de conduire, ni diplôme. FO a donc écrit une lettre ouverte aux élus de la Cabri (*), à la députée, et au sénateur, pour leur demander la révision de cette décision. Une pétition, qui a déjà recueilli 150 signatures, circule aussi dans les quartiers.
(*) Nous avons tenté hier, à plusieurs reprises, de joindre Maryse Raoult, présidente de Cabri habitat, et vice-présidente de la Cabri, chargée de l'habitat et du logement. Sans succès.