Les Nocturnes. Talents riches et multiples
Le marché artisanal est chaque année l'occasion d'animations diverses. Celles proposées vendredi soir ont été d'une grande richesse du côté musical. Gérard Le Louët et ses musiciens du Swing Bazar ont ouvert les festivités avec l'énergie de leur jazz manouche et un plaisir partagé. Ils ont laissé la place au duo Hamon - Martin.
Erwan Hamon, muni d'une flûte traversière en bois ou d'une bombarde, et Janick Martin, à l'accordéon diatonique, ont servi un set de musique traditionnelle dense et inspiré, invitant à la danse quelques spectateurs, à cette heure apéritive.
Il faut dire que le talent des deux musiciens n'est plus à démontrer, il ne restait donc plus qu'à apprécier leurs mélodies soignées, subtilement jouées.
Rouge de plaisir
Le talent était au rendez-vous au cours de cette soirée, poursuivie avec Soïg Sibéril et Nolwenn Korbell. Rouges les chaussures et la guitare de la chanteuse, à l'instar du titre de leur opus « Red », mais aussi de l'énergie qui traverse ses chansons qu'elle présente en français comme en breton.
De « Bugale breizh » à une chanson en hommage à Anna Politkovskaïa, Nolwenn Korbell met en avant les sujets qui la concernent avec la voix puissante qui la caractérise. Simplicité et virtuosité sont de mise avec Soïg Sibéril, qui habille les chansons de mélodies inspirées, grâce à son jeu inimitable. On en aurait volontiers repris une rasade.
Magnifiques montées
en puissance
Sur la scène des halles, Jacky Molard Acoustic Quartet a embarqué son monde en des terres bretonnes, balkaniques, espagnoles mais aussi d'autres voyages dans des contrées moins connues de la musique contemporaine.
Le violoniste et les trois musiciens hors pair - Yannick Jory (saxophones), Hélène Labarrière (contrebasse) et Janick Martin (accordéon diatonique) - ont enflammé le public, totalement scotché d'un bout à l'autre du concert. Un hommage à Dominique Pifarely ici, une « Marche de ceux qui s'en vont » là, et partout les vagues d'émotion se succèdent avec inventivité, rythme et bonheur.
Outre les moments collectifs, la spécificité de chaque membre du quartet est mise en valeur, au travers de duos ou solos de grande qualité (on retiendra notamment les interventions d'Hélène Labarrière à la contrebasse).
Les spectateurs, totalement captivés, voire hypnotisés par un titre expérimental, ont manifesté avec énergie le bonheur rare procuré par leur musique.