Jobs d'été. Trois jeunes, trois expériences
Loin de dramatiser les conditions de travail dans les fast-foods, Morgane Catinat, 19 ans, justifie son choix de job d'été. Interview, montre en main.« Est-ce que ça vous pose un problème si je mange pendant que l'on discute ? ». À la fois impatiente et énergique, Morgane Catinat n'a guère de temps à perdre. Ce mardi soir, comme d'habitude, la pause dont elle bénéficie entre ses deux services est minutée.
Employée depuis plus de sept mois au McDonald's de la zone commerciale de Langueux, la jeune Rhoéginéenne a pris depuis longtemps ses marques dans la maison. Elle est d'ailleurs plus qu'une simple saisonnière : « De dix heures de travail les week-ends en période scolaire, je suis passée en contrat saisonnier pour le mois de juillet », indique l'étudiante en BTS comptabilité au lycée Sacré-Coeur.
« Montrer
que l'on en veut »
Si sa motivation principale reste l'argent, Morgane avoue néanmoins apprécier le travail en équipe et l'ambiance entre les employés. Et, lorsqu'on lui parle des cadences soutenues qu'impose la restauration rapide, la jeune fille explique que cela fait partie du job et qu'elle ne ressent pas de forte pression. « Bien sûr, il faut être dynamique et montrer que l'on en veut, mais c'est la même chose dans tout boulot, non ? »
Mieux vaut tout de même être actif et concentré durant les heures d'affluence, même si servir le client est une mécanique bien huilée et une organisation maîtrisée. « On incite le client par des phrases toutes faites, c'est devenu une poésie dans ma tête ! », s'exclame-t-elle.
Efficacité et polyvalence
Un travail qu'elle ne trouve pas trop fastidieux, car l'entreprise insiste sur la polyvalence de ses employés, souvent très jeunes. Quant aux relations avec la clientèle, elles sont relativement limitées, mais Morgane décrit cette dernière comme étant « moins exigeante que dans la restauration traditionnelle », en connaissance de cause.
« Je suis fille unique. J'aime rencontrer des gens et, ici, cela bouge en permanence. Travailler dans un bureau, ce n'est pas pour moi », poursuit-elle.
« Pas toute ma vie »
En ce qui concerne ses horaires de travail, Morgane prend connaissance de son planning une semaine à l'avance. Sa journée type - 14 h-18 h et 18 h 30-20 h - lui permet ainsi de jongler avec un autre emploi, le matin, dans la grande distribution. Elle n'a donc que peu de répit, mais compte tout de même profiter de ses vacances : « En août, je m'accorderai enfin un peu de repos, avant de reprendre en septembre pour les week-ends uniquement », confie-t-elle. Car si Morgane considère ce job comme une expérience intéressante, elle a d'autres projets : étudier en école de commerce en fait partie. « C'est sûr que je ne passerai pas ma vie à McDo ! », conclut-elle.
18 h 30, coup d'oeil furtif en direction de sa manager, la pause repas est déjà terminée.