Final. Concerto pour quatre voix
Une Camille survoltée, une langoureuse Yael Naim et un Thomas Dutronc crooner ont tapissé d'une multitude d'émotions cette dernière soirée à Poulain-Corbion. Yelle se chargeait d'apporter la touche electro-rigolote au tableau final.
Immaculée Yael Naim. Dans sa robe blanche, elle a envoûté la bastille Poulain-Corbion dès la première chanson. La Franco-Israélienne est arrivée au bon moment, après trois jours de festival. Quand les articulations se font douloureuses et les yeux, cernés par la succession des nuits presque blanches. Sa voix chaude et son sens de la mélodie ont libéréle trop plein d'émotion et de fatigue du public d'Art Rock.
My name is Yael
Tout le monde, ou presque, attendait « New Soul ». Tout le monde voulait faire « la, la, la » avec Yaël Naim, mais elle nous a fait patienter sans jamais donner l'impression du temps qui passe. Elle flirte avec sa guitare, puis, caresse son piano, et ne dédaigne pas jouer de son ukulélé.
« Shalom Paris » nous rappelle d'où elle vient. Avec « Toxic », elle reprend Britney Spears au piano pour un morceau très jazzy. Assise sur un tabouret, guitare en bandoulière, elle joue l'égérie de la folk music sans se départir de son naturel. Les yeux piquent, un courant d'air chaud vient nous caresser la nuque. C'est bon... Puis, c'est l'heure du happy end avec « New Soul ». Une fois au piano et une seconde pour finir à la guitare. Que ce fut doux de faire « la, la, la » avec Yael Naim.
La tornade Camille
Requinqué, on pouvait attendre la tornade Camille. Qui peut oser la mettre dans une case et dire que c'est de la variété ? « Ah non, Camille, c'est inclassable ». Tellement inclassable et complexe par ses arrangements vocaux qu'on entre ou pas dans son univers.
Pas de demi-mesure. Camille ? « C'est génial ; t'as vu la pêche qu'elle dégage », lâche un convaincu. Ou sinon, on a droit au « Camille ? Oui, c'est original ». Une manière courtoise pour dire qu'on n'aime pas.
Hier soir, elle a fait un carton dans les deux camps : les fans sont restés béats d'admiration, les autres sont allés boire un coup à la buvette.
Dutronc
se fait un prénom
Et, au moment où la nuit se profilait tout juste, Thomas Dutronc est arrivé entre chien et loup. Cravate et costume blancs, chemise noire, le guitariste trentenaire s'est échauffé sur un morceau de Django Reinhardt ; l'homme qui l'a guidé vers le jazz manouche.
Chanteur depuis son album « Comme un manouche sans guitare », le jeune homme fut également acteur. Son assurance face à la foule, ses pas de danse improvisés dans un jeu d'ombres chinoises et ses courts monologues sont venus le rappeler.
Mais Thomas Dutronc est avant tout un musicien de jazz reconnu. La foule a su l'apprécier, ponctuant chacun de ses morceaux (« J'aime plus Paris », « NASDAQ », « Les Frites bordel »...) par des applaudissements nourris.
Restait alors à la locale de l'étape, Yelle, d'assurer le final de la fête.