Écologie. L'Inde découvre les vers bretons
Hier, Augustin Brutus, directeur de l'ONG indienne INDP (*), s'est rendu à Trégomeur, afin de visiter la ferme de Chantal et Michel Charpentier, qui produisent le lombricompost, engrais écologique et économique. L'ONG souhaite, en effet, développer le vermicompost en Inde.
Avec le climat breton ou indien, les vers sont des pros du recyclage des déchets. Ordures ménagères, fumier de bovin ou encore algues, peu importe, ils dévorent tout et le transforment en engrais naturel. En Inde, comme en France, certains ont bien compris l'intérêt écologique de cet appétit gargantuesque. Chantal et Michel Charpentier possèdent une exploitation de lombricompostage près de Trégomeur. Hier, ils ont fait visiter leur propriété à Augustin Brutus, directeur de l'INDP, ONG (Organisation non gouvernementale) indienne qui souhaite développer davantage les projets de vermipostage près de Karaikal.
Des vers qui recyclent
jour et nuit
Dans son exploitation de Fossé-Roffray, le couple a, aujourd'hui, deux serres d'environ 225 m² chacune. Chaque serre produit 20 t de fumier de vers par mois. Le principe du lombricompost est le suivant : sur de grandes bandes, des algues, et du fumier de bovin ou de porcin sont déposés. Les vers s'en nourrissent et les rejettent ensuite. Ces déjections constituent un compost, engrais naturel sur lequel on peut directement faire pousser les plantes. Ce purin de lombrics durcit l'écorce des plantes, si bien que les pucerons et autres insectes se résignent à ne pas les attaquer. Ce fumier de vers a donc la même efficacité qu'un pesticide chimique, mais il respecte l'environnement et permet de régénérer le sol. « En plus, notre lombricompost est le seul à être liquide, inodore et stabilisant, mais cela, c'est notre recette secrète ! », précise Michel Charpentier en souriant. Les sacs de fumier de vers liquide ou solide sont ensuite vendus à des magasins, collectivités, grossistes ou particuliers.
Le vermipostage
développé par l'INDP
Depuis quelques années, l'ONG indienne a développé des exploitations de vermipostage. En plus de créer de l'emploi, cette technique de recyclage a permis d'éliminer une partie des déchets de la décharge de la ville de Karaikal, à proximité de laquelle se trouvent plusieurs villages. L'engrais est ensuite utilisé pour les champs de thé.
En 2009, l'ONG veut réaliser un nouveau projet du même type en partenariat avec le conseil général des Côtes-d'Armor, qui soutiendra financièrement cette action à hauteur de 20.000 €. Augustin Brutus a donc profité de son passage en Bretagne pour voir comment les autres faisaient : « Chez nous, on recycle essentiellement des ordures ménagères. On n'a pas de serre, car il fait entre 20º et 35º, et on ramasse les vers à la main. C'est bien de voir comment ça se fait ici, ce qui est différent ».
* Intercultural network for development and peace.