Danse. Décharges d'énergie
Strip-teases provoquants, atelier tecktonik décoiffant, performer électrisant. Zoom sur trois prestations chorégraphiques, véritables décharges d'énergie.Philippe Decouflé voulait créer l'événement. Sa pièce « Coeurs Croisés », présentée vendredi et samedi, à La Passerelle, a tranché dans le vif. Beaucoup étaient habitués à ses spectacles chorégraphiés. Ils ont assisté à des strip-teases provoquants d'effeuilleurs et d'effeuilleuses de cabaret. Une aubaine pour ceux qui n'étaient venus que pour se rincer l'oeil.
Les réactions du public ? Tranchées. Standing ovation de la moitié de la salle. L'autre moitié : irritée par toutes ces exhibitions jugées « gratuites », voire même « vulgaires ». Oui, ces créatures improbables ont remué les spectateurs jusqu'au tréfonds d'eux-mêmes, les bousculant dans leur rapport à la nudité. Et à leur propre corps.
La tecktonik
c'est fantastique
Dans un registre plus détendu, l'atelier tecktonik, mené par la compagnie Crew Tecktonik, hier, à 15 h, place du Chai, a attiré une foule d'aficionados. Une vieille dame, à la fenêtre de son appartement, semblait se demander ce que tous ces gamins pouvaient bien trouver à ces danseurs des temps modernes, fringués de tenues psychédéliques et coiffés d'une crête futuriste. Et pourtant ! Ces mouvements syncopés, tricotés à vitesse accélérée, font fureur. Invités à monter sur une estrade, enfants et adolescents se sont livrés à des battles effrénés.
Umeda, homme-orchestre
de son corps
Ambiance plus intimiste, mais non moins époustouflante du côté du Grand théâtre de La Passerelle, hier, à 16 h. Vêtu d'un sobre costume noir, le visage sans expression, à peine éclairé par une lumière en clair-obscur, le chorégraphe japonais Hiroaki Umeda a électrisé la scène dans un espace pourtant restreint. Les modulations du son guidaient les mouvements du performer, animé de spasmes chorégraphiques, véritables décharges d'énergie vitale. Oscillations, sursauts, trépidations à la limite de la transe..., le danseur asiatique, homme-orchestre de son propre corps, a sculpté tout l'espace dans une atmosphère intimiste. Bluffant !