Gouédic. La rue «oubliée» du centre
Ancienne artère principale de la ville, la rue de Gouédic semble, aujourd'hui, plutôt délaissée. Quand on interroge ses commerçants, elle semble à la recherche d'un second souffle.
«Gouédic est un peu l'oubliée du centre-ville, on ne profite pas des animations de l'hypercentre», constate, un peu déçu, Hicham Zouhaer. Pourtant, c'est le premier à avoir ouvert une boutique de textile («Urban Sap») dans la rue, en 2004, à une époque où «il n'y avait que des assurances et des agences d'intérim.» Et le jeune homme ne regrette pas son installation dans ce haut lieu de passage: «J'ai une clientèle fidèle, jeune, qui vient parfois d'assez loin pour mes produits. Mais c'est parce qu'elle les connaît bien, et que ce n'est pas cher.» Sinon, il y aurait de quoi décourager les clients, en particulier depuis l'apparition du centre commercial Les Champs. «Actuellement, la rue s'endort un peu. Si mes clients viennent acheter un tee-shirt à 20EUR et qu'ils se retrouvent avec 17 EUR d'amende, ce n'est plus très intéressant... Je ne comprends pas que le parking, un peu plus bas, ne propose pas deux premières heures gratuites, comme dans la plupart des grandes villes.»
Plus qu'un problème de stationnement
Ce reproche est aussi adressé de l'autre côté du Gouédic, cours d'eau que la rue éponyme enjambe. Christophe Prudhomme, repreneur de la quincaillerie Le Chanu, il y a trois ans, constate: «À la période des fêtes, les policiers peuvent passer plusieurs fois dans la journée pour mettre des amendes. Et pourtant, depuis que j'ai repris le commerce, je me suis fait cambrioler trois fois.» Si le poste de police est tout proche, la rue lui semble pourtant «de moins en moins sécurisée». Selon lui, récemment, il y aurait même eu «plusieurs coups de feu.» Un peu désabusé, il reprend: «Heureusement que les gens connaissent le commerce et y viennent de toute l'agglomération... S'il n'y avait que les riverains, on ne vivrait pas beaucoup.Le problème, c'est de garder les commerces», conclut-il. En témoigne le nombre d'écriteaux d'agences immobilières placardés dans la rue. Au total, c'est une dizaine de locaux commerciaux qui présentent des rideaux définitivement baissés ou des vitrines obstruées. À en croire Hubert Paturel, propriétaire du «Bar de l'Hermine», «il y a aussi beaucoup de logements vides». Encore une fois, les panneaux sont nombreux à en attester.
Départ programmé
Quand on demande à son frère, Jean-Claude Paturel, tenancier du bar depuis près de dix ans, comment on vit à Gouédic, il n'a qu'un mot à la bouche: «Stressé!». Il déplore le bruit et les incivilités constantes, «des trottoirs dégueulasses». ChristophePrudhomme appuie: «Même si la vie est correcte à Gouédic, la rue n'est nettoyée qu'une fois par mois. Au centre-ville c'est quasi-quotidien.» Hubert Paturel relativise tout de même: «Ça ne concerne pas seulement le quartier, j'ai l'impression que c'est dans toute la ville que c'est la jungle! La situation globale s'est nettement dégradée depuis deux ou trois ans. Aujourd'hui, on n'a même plus de clientèle familiale.» En attendant, lui et son frère ont décidé de quitter le quartier dans un mois, pour se reposer, «à la campagne».
Sur le terrain vague le silence après la mobilisation
Le 29novembre dernier, le terrain vague séparant la rue du Colombier de l'église Sainte-Thérèse faisait l'objet d'un grand remue-ménage (Le Télégramme du 30novembre). Après trois ans et demi d'attente, les quelque 200 familles résidant face au site de l'incendie survenu en avril2008 avaient enfin l'espoir d'être entendues. «Nous étions ravis, se remémore Xavier Palson, représentant des riverains. Les herbes qui envahissaient le trottoir ont été fauchées, les barrières limitant l'accès au site repositionnées...»
La maquette joue l'Arlésienne
Et depuis? «Rien. Il n'y a pas eu de déblaiement, aucun début de désamiantage.» Quant à la promesse de présenter une maquette du futur aménagement avant le 20janvier formulée par Jocelyne Chauvin, la responsable de l'Anru à la mairie, elle n'a pas été tenue. «Depuis sa visite en chef de commando le 29novembre, nous n'avons plus de nouvelles de MmeChauvin», regrette Xavier Palson, qui constate au quotidien que «les barrières entourant le terrain ne sont pas étanches. Manifestement, des jeunes s'y rendent régulièrement.» Les riverains attendent désormais d'être fixés sur le devenir de ce «no man's land» donnant au quartier des «allures de champ de bataille, selon Xavier Palson.Nous consentons des efforts de rénovation et d'isolement sur nos logements. Ce serait scandaleux que la mairie ne bouge pas le petit doigt pour l'amélioration du quartier!»
Un axe commerçant ou un lieu de passage ?
« Pour moi, la rue de Gouédic, c'est surtout un lieu de passage. Il y a quelques années, je faisais plus facilement le trajet entre Plédran et Saint-Brieuc, parce qu'il était plus simple de se garer aux alentours de cette rue. Désormais, le stationnement est difficile. Je laisse ma voiture plus haut, là ou c'est gratuit et je me contente d'emprunter la rue de Gouédic, sans m'arrêter dans les commerces. Ils sont globalement orientés vers les jeunes.»«J'habite dans le centre-ville de Saint-Brieuc. Je n'emprunte donc qu'en de rares occasions la rue de Gouédic. Je n'y passe pour ainsi dire que le dimanche, pour me rendre à la messe, en haut du quartier. Personnellement, je ne fréquente pas particulièrement les commerces de cette rue, que je trouve par ailleurs assez peu agréable. C'est très près du centre, et pourtant, c'est affreusement sale. Cela n'engage pas spécialement à emprunter cet axe.» «Je passe par cette rue une fois par semaine environ, quand je me rends à Saint-Brieuc pour régler les affaires courantes: mes rendez-vous chez le médecin, mes papiers divers et variés. J'habite à Hillion et je gare ma voiture place de la Liberté. Tout d'abord parce que c'est gratuit, mais aussi parce que ça me permet de marcher, d'entretenir un peu la mécanique! Mais il n'y a plus beaucoup de commerces dans cette rue.»«Je ne passe dans la rue de Gouédic que lorsque je fais ma promenade, histoire de m'aérer un peu - même si je trouve qu'au retour, la montée est un peu raide à grimper ! J'habite en plein centre-ville, alors je ne m'arrête pas vraiment dans les commerces. À vrai dire, je n'en ai pas besoin. Je ne vais même pas au supermarché ! J'ai tout à proximité de chez moi, que ce soit la petite surface, La Poste ou bien même la boulangerie.»
2 réactions
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dG
être commerçant à St-Brieuc c'est d'abord être courageux !!!
Il est assez incroyable d'apprendre que la petite rue que j'habite à Cesson, qui plus est sans issue, est nettoyée plus souvent que la rue de Gouédic !!!
Il faut être sacrément courageux d'ouvrir un commerce à St-Brieuc car plutôt d'agir dans la bonne direction pour insuffler une dynamique économique pour notre ville...tout est fait pour refouler la clientèle; le rôle de la police municipale est à redéfinir d'urgence.
Ajouté le 24 janvier 2012 à 10h55
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yvon-22
rebaptiser cette rue!
"rue des crottes".
C'est une rue, même si elle n'est pas la seule dans ce cas, où il faut regarder où l'on met les pieds!
Il est évident que tous les matins des maîtres promènent leur chien pour qu'il dépose sa crotte sur le trottoir.
Mais à cette heure la police municipale n'a sans doute pas pris son service?
Qu'on ne dise pas qu'on ne peut pas "coincer" ces maîtres indélicats en surveillant la rue le matin de bonne heure!
Il suffit de le vouloir!
Ajouté le 24 janvier 2012 à 12h57
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