11 novembre 2009
Sans un concours de circonstances, Anne-Sophie Le Gallic n'aurait peut-être jamais connu le «conte de fées» qu'elle vit actuellement. Retour un an en arrière. Novembre2008: la jeune femme quitte Nantes et son travail de commerciale pour suivre son mari, muté à Saint-Brieuc. «J'ai démissionné, ça n'a pas été facile», concède-t-elle. Paradoxalement, de ce choix cornélien va venir «la révélation».
Sept tableaux vendus en dix jours
Diplômée en design et en marketing, l'ancienne chef de projets se lance à la recherche d'un emploi dès son arrivée à Tréméloir. Le contexte n'est pas particulièrement favorable. Alors, en attendant, la jeune femme se remet à peindre. «Je me suis mise à fond dans un petit personnage que j'avais créé il y a 4 ou 5 ans et que j'avais mis de côté.» C'est la naissance de Fifi Bastille, une petite héroïne rousse, espiègle et rigolote, «une petite fille d'aujourd'hui, une chipie avec une tête d'andouille». Les sept premiers tableaux sont mis en vente chez un galeriste nantais. Un coup d'essai. Un coup de maître. Les toiles s'arrachent en moins de dix jours. «Il m'a dit: il y a un truc qui se passe, les gens s'arrêtent et se marrent. Je me suis dit qu'il y avait peut-être quelque chose à faire là-dessus.» Il n'en faut pas plus pour réveiller l'instinct de la commerciale. Sacs, tee-shirts, reproductions sur toile... Fifi Bastille est déclinée sur plusieurs supports, testés auprès des proches, enthousiastes. Mais obtenir l'adhésion de ses relations est une chose; convaincre les acheteurs en est une autre.
«Les mamans craquent aussi!»
Consciente de la difficulté, la maman de Fifi organise un test grandeur nature, durant l'été, auprès de boutiques de Nantes, la Baule, les Sables-d'Olonne, Pléneuf et Saint-Brieuc. «Ça a super bien marché, le réassort a été presque immédiat.» Anne-Sophie Le Gallic est définitivement convaincue. En octobre dernier, elle se jette à l'eau en créant sa SARL. «Ce qui séduit, c'est que c'est un produit sans prétention, gai et coloré. Ça ne fait pas trop bébé donc ça touche une large partie de la population enfantine, analyse la créatrice. Ce qui est rigolo, et que je n'avais pas anticipé, c'est que les mamans craquent aussi!» La collection se décline aujourd'hui autour de Fifi Bastille mais aussi de Gaston, son amoureux secret, sur une dizaine de pièces: textiles et objets de décoration, tableaux imprimés sur toile, tee-shirts, sacs, miroirs de poche, sets de table, badge...
Déjà une embauche
«Ça n'a pas été facile de sauter le pas de Nantes à Tréméloir mais je suis ravie d'être là quand je vois l'accueil tant personnel que professionnel. Les gens d'ici m'ont encouragée à creuser mon idée. Je suis dans un rêve total. J'allie tout ce que j'aime et tout ce que j'ai pu toucher dans ma carrière.» L'aventure n'en est qu'à ses débuts mais, déjà, la jeune chef d'entreprise a pu embaucher un commercial ? «quelque chose dont je suis fièreaussi» ? et commence à essaimer dans le grand Ouest. Fifi Bastille la chipie n'a pas fini de faire parler d'elle...