16 septembre 2009
Le maire Bruno Joncour a confirmé, hier, aux parents et au personnel de la crèche associative Pirouette que la mairie ne subventionnerait plus la structure. Le dépôt de bilan pourrait être prononcé vendredi.
Midi, hier. Le miracle n'a pas eu lieu: la crèche Pirouette va bel et bien fermer. Le visage un peu désolé, les cinq membres de la délégation ressortent du bureau de BrunoJoncour pour se diriger vers le jardin d'hiver de la mairie. Là même où les quelques parents venus manifestés, avec leurs enfants, contre la fermeture programmée de la structure associative ont trouvé refuge. «Le maire nous a expliqué qu'il n'était pas question de revenir sur sa décision (annoncée le 22juillet, NDLR)», regrette Adeline Suanez, un parent appartenant au bureau de l'association Pirouette. «Nous avons ensuite parlé de l'urgence: les huit salariés et les 20enfantsinscrits, cette année, à la crèche». Selon Joëlle Le Gagne, l'adjointe de Bruno Joncour en charge de la petite enfance, tous ces enfants seront replacés, dès lundi, dans d'autres structures d'accueil de la ville. Quant aux employés, qui vont être licenciés, le maire les recevra tous un à un pour étudier leur situation.
Ouverte en 1982
Vingt-sept ans après son ouverture, Pirouette va donc fermer ses portes. Sans doute en fin de semaine puisque le dépôt de bilan devrait être entériné vendredi, lors de l'assemblée générale de l'association. Car pour la mairie de Saint-Brieuc, la crèche cumulait trop de handicaps: problèmes sanitaires, de personnel et, surtout, une situation financière trop fragile (déficit estimé à 38.000 EUR, en 2009). En conséquence, la municipalité briochine a décidé de «ne pas poursuivre son soutien à l'association et, notamment de ne pas mettre de locaux à sa disposition». Des locaux plus grands qui auraient pourtant permis, selon les parents et le personnel, d'assainir les finances de l'association.
Nous faisions les choses différemment
«Qu'une ville de la taille de Saint-Brieuc n'abrite aucune crèche parentale, je trouve ça hallucinant. Moi, j'ai déménagé de Dinan pour que mes enfants puissent intégrer une structure de ce type», déplore Gaël Vannieuwenhuyse, l'un des parents membres de l'association. «Ici, nous faisions les choses différemment. Les parents décidaient notamment de la pédagogie et nous achetions de la nourriture bio». Première crèche collective parentale à Saint-Brieuc, la crèche Pirouette possédait également d'autres singularités, puisque les parents étaient également chargés du ménage, des courses, mais aussi tenus d'assurer une permanence mensuelle de quatre heures. «Nous pouvions aussi profiter d'horaires plus adaptés que dans d'autres crèches», continue Marie-LineDodet, un autre parent.
Une nouvelle crèche parentale en projet?
Finalement, le seul motif d'espoir de la matinée réside dans l'une des annonces faite par Bruno Joncour. «Il a revu ses positions et nous a affirmé qu'il n'était plus fermement opposé à un nouveau projet de crèche associative», indique AdelineSuanez. «Il y a une vraie dynamique chez les parents. Mais là, nous avons besoin de souffler. Car ça fait six mois que nous bossions sur la poursuite de l'activité à Pirouette».
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