7 novembre 2009
Une vraie passion du chocolat semble s'être emparée de Saint-Brieuc! On y compte une dizaine d'enseignes spécialisées et d'innombrables gourmands.
La ville compte depuis longtemps plusieurs artisans-chocolatiers de renom. Mais en quelques mois, de nouvelles enseignes sont venues bouleverser le paysage familier des gourmands! Le jeune artisan JohannDubois s'est installé rue Général-Leclerc en mars, suivi, en juin, à deux pas-de-porte de là, d'une boutique «Jeff de Bruges». En août, la maison Larnicol, deQuimper, prenait pied à Saint-Brieuc; en octobre, l'Atelier duChocolat s'installait au nouveau centre commercial LesChamps, et samedi dernier, unegrande surface du chocolatouvrait ses portes dans lazone commerciale de Langueux.
«Se faire plasir»
Chocolatier de la place briochine depuis 1981, Serge Quinton regarde cette effervescence sans trop d'inquiétude. «Le chocolat se porte bien. Les gens veulent se faire plaisir. Nous vendons beaucoup plus de petits contenants qu'autrefois. Phénomène récent, nous voyons beaucoup de jeunes, même d'enfants, entrer par petits groupes». Le chocolat de qualité aurait-il supplanté la fraise Tagada? «Il y aussi des couples qui s'offrent quelques bouchées pouragrémenter leur séance téléou leur fin de repas. Ce sont des choses qu'on ne voyait pas il y a quelques années.Mais quand un créneau marche, tout le monde veut s'y engouffrer. On a vu dans les années 80 les croissanteries se multiplier, puis fermer l'une après l'autre», rappelle l'artisan.
«Marché pas extensible»
Brigitte et Hervé Nivelle, franchisés «Jeff de Bruges», sont un peu perplexes. Leur étude de marché, il y a un an et demi, ne prévoyait pas un tel développement de la concurrence. Et ce n'est pas leur proche voisin Johann Dubois qui les inquiète. «Nous avons des clientèles différentes. Lui, c'est un artiste, on ne peut pas comparer!», admet sincèrement Brigitte, fière pourtant, de ses propres produits. «Notre enseigne ne s'installe que dans les villes où se trouvent des artisans: c'est le signe que les gens y aiment le chocolat», souligne Hervé. Le couple attend les fêtes avec impatience, espérant voir confirmer la justesse de son choix. Vrai passionné, intarissable sur son activité, Johann Dubois, et il n'est pas le seul, constate qu'au rayon «cadeaux», les chocolatssupplantent peu à peu les fleurs. «La concurrence nous oblige à nous remettre en question, à innover», observe, philosophe, Denis Ozanne. «On se demande ce qui se passe. Le marché n'est pas extensible!», observe-t-on à la boutique Léonidas, ouverte depuis une trentaine d'années. Guy Chauvin, franchisé des chocolats Roland Réauté, à Trégueux, se veut «intermédiaire entre la grande distribution et les artisans». Il mise sur une augmentation de la consommation du chocolat. «Les habitudes des gens changent», observe-t-il. Chacun trouvera-t-il, et gardera-t-il sa clientèle? C'est aux gourmands d'arbitrer le débat.
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