29 octobre 2009
Cité Rap, 11e, c'est parti! Du rap au BMX, l'édition 2009, concentrée sur quatre jours, mêle toutes les formes de la culture urbaine, en refusant de cloisonner les pratiques. Régaler aficionados et néophytes, c'est lepari osé des organisateurs Mathieu Lefort etPatrice Hénaff.
Le Télégramme: Dans quel objectif a été créé Cité Rap il y a 11 ans?
Patrice Hénaff: «Cité Rap est né des pratiques des jeunes au quartier de La Croix-Lambert. La danse hip-hop et le rap avaient déjà leur place mais les jeunes avaient l'envie de créer un événement d'envergure. À l'association de la Contremarche on a dit: ?Ok, mais vous marchez avec nous?. C'est pour cette raison que la notion de bénévolat est essentielle au festival. Cité Rap s'inscrit depuis ses débuts dansune démarche d'éducation populaire, d'éducation à la citoyenneté.» Mathieu Lefort: «Ce n'est pas du bénévolat au sens de main-d'oeuvre. Les jeunes participent à une activité et sont engagés du début à la fin du projet. Par exemple pour le BMX, cette année, les jeunes ont tout organisé de façon autonome. Leur expérience en tant que bénévole leur permet parfois de se trouver professionnellement, cela peut être un tremplin.»
Au fil des éditions, Cité Rap a ajouté d'autres facettes de la culture urbaine comme le graffiti, le BMX, le skate... Comment arriver à harmoniser l'ensemble?
M.L: «Depuis quelques années, la dimension artistique est plus importante. On a élargi notre palette de propositions, car le but est de créer des passerelles entre ces différentes formes artistiques, parfois mal connues ou stéréotypées. On ne veut pas être cantonné au cliché du jeune à casquettes. Le but est de réunir un large public tout en ne décevant pas les puristes.Il faut provoquer des croisements entre les genres, par exemple entre le graffiti et l'art contemporain.»
Que peut-on dire de cette saison 2009 et de la programmation musicale?
P.H: «Première chose, le festival se déroule sur quatre jours au lieu d'une semaine. On voulait que la programmation soit plus lisible et cela a aussi un impact financier non négligeable. Et puis, Cité Rap se rapproche du centre-ville, puisque le point d'ancrage est à Robien et non plus à Brézillet.» M.L: «Après dix ans, on a toujours la même passion, mais on cherche aussi à se renouveler. On ne fait jamais la programmation au hasard, ni en fonction de l'air du temps. Il faut que les messages des artistes correspondent à notre profil d'ouverture et de respect. Cette année, on a trois têtes d'affiche. Médine est le rappeur qui a accédé à la maturité après plusieurs albums. Youssoupha nous livre son hip-hop précieux et sans contrefaçon. Seth Gueko, quant à lui, est un peu le poil à gratter de cette édition, avec un rap à prendre au troisième degré.»
«On ne veut pas être cantonné au cliché du jeune à casquette. Le but est de réunir un large public tout en ne décevant pas les puristes.»
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