30 septembre 2009
C'est aujourd'hui que s'ouvrira officiellement le plan social de Chaffoteaux. Mais dès hier, les salariés ont établi leur liste de revendications. Parmi celles-ci, une prime de 100.000 EUR pour préjudice moral.
«Passer à l'offensive plutôt qu'attendre»: telle est la stratégie retenue, hier matin, par les salariés de l'usine Chaffoteaux. Réunis en assemblée générale, ils ont voté à l'unanimité une liste de revendications qu'ils présenteront ce matin à leur direction. Une direction qui va avoir à faire à des «lions enragés» selon le délégué Force ouvrière, MartialCollet.
L'ouverture du plan de sauvegarde de l'emploi
Plus de trois mois après le début du conflit et l'annonce la fermeture de l'usine par les dirigeants d'Ariston Thermo Group (ATG), le plan social sera, officiellement, ouvert aujourd'hui. Car lundi, les patrons d'ATG ont confirmé qu'ils ne feraient pas machine arrière et le comité d'entreprise a rendu son avis sur la note économique du plan de licenciements. Ce matin, à partir de 10h30, représentants du personnel et dirigeants se retrouveront donc pour une énième réunion au siège social du groupe italien, à Saint-Denis (92). Lors de ce rendez-vous, les Transalpins transmettront leurs propositions chiffrées pour les primes de licenciement. Les salariés aussi.
Liste de revendications non exhaustive
La liste de revendications votée, hier matin, par les salariés comprend douze points. Parmi ceux-ci: un congé de conversion de deux ans, le maintien du salaire tant qu'un emploi équivalent n'a pas été trouvé, des formations qualifiantes payées par ATG débouchant sur un reclassement et une prime nette de 100.000 EUR pour préjudice moral en plus des indemnités légales. «Nous nous sommes battus dignement pour nos emplois, nous n'avons pas baissé les bras», indique la déléguée CGT Chantal Jouan. «Maintenant, il faut lutter jusqu'au bout pour que pas un salarié ne reste au bord de la route. La première bataille, c'est un emploi pour tout le monde.»
Nouvelle phase de la lutte
«Nous entrons dans une nouvelle phase de la lutte», poursuit le délégué Force ouvrière MartialCollet. «Nous devons nous faire craindre car nous savons que ce ne sera pas facile de faire plier nos patrons». «Jusqu'ici nous avonsété gentils, mais un moment nous le serons nettement moins», poursuit PatrickRaffray. Hier matin, Aldino Zeppelli, le directeur de l'usine, a fait les frais de ce durcissement du conflit. L'Italien a, en effet, été expulsé du site des Châtelets avec toutes ses affaires. Il avait déjà connu pareil sort il y a quelques semaines mais, cette fois, les salariés lui ont signifié qu'il ne pourrait plus remettre les pieds à l'usine.
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