17 août 2009
Après leurs vacances, les ouvriers de Chaffoteaux se retrouveront ce matin en assemblée générale. Pour faire le point sur les événements de l'été, mais surtout décider des modalités futures de leur lutte. Explications avec le délégué FO, Martial Collet.
Où en est-on du plan de licenciements de 207 personnes, annoncé le 1erjuillet dernier, par votre direction?
Martial Collet:
«Les deux syndicats de l'entreprise (CGT et FO) avaient signé un accord de méthode et un calendrier avec la direction d'Ariston Thermo Group (ATG). Cet accord prévoyait la nomination d'un expert-comptable. Celui-ci avait prévu une visite en Italie dans l'usine d'Osimo, mais cela lui a été refusé par nos patrons. Sa mission a donc été arrêtée, ce qui signifie que le calendrier qui avait été actén'est plus d'actualité.»
Quelles peuvent être les explications de ce refus?
«Nous pensons que le groupe ATG a quelque chose à cacher en Italie. S'ils fabriquent, là-bas, tous les modèles de chauffe-eau et de chaudières Chaffoteaux, les raisons économiques avancées pour justifier la fermeture du site de Ploufragan n'existent plus. Même si nous ne nions pas qu'il y a, actuellement, une crise économique mondiale, notre raisonnement est de dire qu'ils ne ferment pas ici pour des raisons conjoncturelles, mais pour une question de rentabilité. Ils ont organisé la délocalisation de la production en Italie.»
Est-ce que vous pouvez vous servir juridiquement du refus qui a été fait à l'expert-comptable?
«Même si nous allons dénoncer cette volte-face, qui n'accroît pas leur crédibilité, la réponse est non. Aujourd'hui, la seule chose dont nous sommes sûrs, c'est que l'ordre du jour du comité central d'entreprise, qui doit se tenir mercredi, n'est plus valable. Nous ne savons pas comment nos patrons vont relancer la procédure collective. Et ce que nous craignons, c'est que les premières lettres de licenciements arrivent fin octobre. Alors qu'avec la mission de l'expert, nous les attendions début 2010.»
Pouvez-vous, tout de même, attaquer l'entreprise devant un tribunal, puisque la raison économique avancée ne tient pas à vos yeux?
«Oui et nous envisageons de le faire. Mais la justice ne pourra pas empêcher la fermeture de l'usine, mais simplement obliger nos patrons à nous dédommager. De plus, aujourd'hui, notre objectif reste toujours de les faire reculer sur le plan social.»
Que peut-il se passer ce matin, lors de l'assemblée générale?
«Cela fait deux mois que nous occupons l'usine. Nous avons gardé un oeil vigilant sur les stocks. Dorénavant, nous allons rentrer dans une nouvelle étape de la lutte: le bras de fer ne fait que commencer. Nous comptons maintenir le blocage de l'usine. Mais étant donné que nos vacances s'achèvent demain, mardi 18août, nous allons devoir décider si nous entrons en grève générale, si nous organisons des débrayages ou si nous reprenons le travail.»
Cette dernière hypothèse est-elle envisageable?
«Pour les personnes qui sont en lutte depuis le début, cela paraît compliqué. Mais nous pouvons, aussi, demander à notre direction à être payés sans travailler. Nous ne pouvons pas avoir de revendications raisonnables avec des gens déraisonnables. Face à des patrons voyous, on ne peut pas être raisonnable.»
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