7 octobre 2009
Y avait-il un espoir quelconque avec la venue de Christian Estrosi à Chaffoteaux? Le ministre de l'Industrie a bien rencontré les salariés, beaucoup parlé, finalement peu écouté, avant d'entamer les discussions avec les syndicats.
Hier, vers 17h, à quelques minutes de l'arrivée de Christian Estrosi, les salariés de Chaffoteaux n'avaient toujours pas désarmé. Vigilants, prêts à la négociation, et surtout attendant les propositions du ministre de l'Industrie.
La direction de Chaffoteaux huée
Les élus, invités en nombre, sont là, écharpe tricolore bien visible, témoignage de leur soutien aux «Chaffoteaux». 17h14, la direction, Aldo Bisio en tête, franchit sous les huées les grilles de l'entreprise. Une minute plus tard, la cohorte des voitures officielles débarque, ministre en tête, suivi de Jean-Louis Fargeas, préfet des Côtes-d'Armor, et de Claudy Lebreton, président du conseil général. Encadré par une «haie d'honneur» de salariés en colère, Christian Estrosi franchit lui aussi la porte de l'usine sinistrée sous quelques sifflets. Le bruit des machines s'est tu depuis longtemps et, pour cette journée d'espérance, il a été remplacé par le son des bidons que quelques salariés martèlent. Histoire de se faire entendre. Avant d'entamer un dialogue avec eux, il pousse jusqu'aux locaux abandonnés par les machines: des milliers de mètres carrés vides où ne résonne plus rien, si ce n'est la voix d'un ministre. «Je ne laisserai personne sur le bord du chemin», «Je ne vous abandonnerai pas» ou encore, «Je vais donner le meilleur de moi-même». Que de promesses!
La grogne des salariés
Des promesses qui, lors de la rencontre avec les salariés vers 17h20, laissent ni chaud, ni froid. Après dix minutes de déclarations, la grogne resurgit. «Les Molex, ils sont dehors, s'agace Brigitte Coadic, déléguée CGT. Vous, vous êtes à nous parler de revitalisation de territoire. Mais ce n'est pas ça que nous voulons entendre. Moi, j'aurais préféré vous voir en début de lutte pour le maintien de nos emplois et empêcher les délocalisations. Pour cela, il faut légiférer». 17h50, Christian Estrosi, les délégués syndicaux, plus quelques élus, s'enferment pour l'ouverture des négociations...
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