4 septembre 2009
Après l'annonce, mercredi, des bénéfices réalisés par Ariston Thermo Group depuis trois ans (66,4MEUR), lessalariés de Chaffoteaux sont plus que jamais persuadés de la justesse de leur combat. Débutée à la mi-août, leur lutte s'apprête à entrer dans sa phase décisive.
11h ce jeudi matin, parvis de l'usine Chaffoteaux. Veste bleue sur les épaules, quelques ouvriers discutent sous le crachin: de leur avenir, de la difficulté de retrouver un emploi à 40 ans passés, et du retour en bas de l'échelle salariale. Le regard rivé sur la route située juste en face, Patrick Raffray apperçoit un poids lourds passer, avant de se retourner et de lancer à ses collègues: «C'est ça que je veux faire après». Embauché il y a dix ans, le quadragénaire ne se fait plus aucune illusion. Le site des Châtelets va fermer. Les 204 licenciements sont devenus inéluctables. Car la veille, en réaffirmant qu'ils iraient jusqu'au bout, les dirigeants d'Ariston Thermo Group (la maison mère de Chaffoteaux), ont douché les espoirs des quelques salariés qui croyaient encore à un retournement de situation.
L'annonce des bénéfices renforce lamobilisation
Désormais dans l'usine, le mot d'ordre est donc simple. «Il va falloir qu'ils crachent», résume Yves Raymond, du haut de ses 32 ans d'ancienneté. «Les profits qu'ils ont annoncés hier (mardi, NDLR), ça me bouffe. Cela prouve bien que ce sont des patrons voyous, et que la seule chose qui compte pour eux, ce sont leurs comptes en banque. Nos familles, ils s'en fichent». Pourtant, l'annonce faite lors du comité central d'entreprise de mercredi, n'a pas abattu les ouvriers. Au contraire, ces bénéfices semblent les avoir confortés dans leur combat. «Nous ne pouvons pas reculer devant ça», explique Jean-François Moro. «Nous sommes en lutte depuis près de trois mois et nous n'allons pas nous démobiliser».
Le 14septembre en point de mire
Mercredi, patrons et représentants du personnel se retrouveront, de nouveau, à Saint-Denis (93), au siège d'ATG, pour le dernier rendez-vous sur le volet économique du plan social. Mais c'est une semaine plus tard que les négociations vont, véritablement, débuter. Le 14septembre, les dirigeants du groupe italien formuleront leurs premières propositions chiffrées, pour les indemnités de licenciement. Et ce jour-là, selon Martial Collet (délégué Force Ouvrière), les ouvriers devront, eux aussi, avoir estimé leur préjudice. Depuis deux semaines, un cahier de revendications a, d'ailleurs, été mis à la disposition de tous. Et un chiffre revient régulièrement: 100.000 EUR. Pour obtenir satisfaction, les salariés comptent monnayer le déblocage du site de Ploufragan - effectif depuis l'annonce du plan social le18juin-, mais aussi leur «trésor de guerre»: les stocks de marchandise entreposés dans l'usine et estimés à plusieurs millions d'euros.
L'attente commence à peser
Mais avant cette réunion du 14, le travail devrait continuer aux Châtelets. De retour derrière les machines depuis le 18août, les «Chaffoteaux» ont, en effet, décidé de partir en grève le plus tard possible. Histoire d'économiser leurs forces et de préserver leurs finances. Ils ont donc repris la production de chauffe-eau et de chaudières. Certains avec soulagement : «Je suis contente de retravailler.Ça permet de penser à autre chose», exprime Gaëlle Boitard. Sur les quelques chaînes qui n'ont pas encore été envoyées en Italie, l'ambiance est souvent détendue et le rythme peu soutenu. Car s'ils ont souhaité que les ouvriers retournent pointer, les responsables d'ATG ne leur fournissent pas les pièces nécessaires au bon fonctionnement de l'usine. Les camions arrivent au compte-gouttes et l'activité se fait au ralenti. D'où des journées qui paraissent parfois longues.
AG, calendrier et chanson
En juin et juillet, la situation était plus simple: confrontés au chômage partiel ou réussissant à se faire payer sans travailler, les salariés pouvaient sortir de l'usine, organiser des actions et se tourner vers la population. Depuis la mi-août, ils continuent cependant de tenir leur assemblée générale tous les matins, à8h. Deux initiatives ont, également, eu le double mérite d'accentuer la médiatisation de leur combat et d'apporter de la bonne humeur: le «calendrier de la débauche» - qui devrait être imprimé à la fin du mois - et la chanson écrite en collaboration avec François Budet, dont l'enregistrement est prévu lundi prochain.
Peuvent-ils être délogés?
La semaine passée, la direction d'ATG a fait venir un huissier sur le site des Châtelets, pour constater le blocage et l'interdiction faite au directeur Aldino Zeppelli d'entrer dans l'usine. Depuis aucune action juridique n'a été entreprise. Mais si tel était le cas, ce serait au président du tribunal de grande instance de Saint-Brieuc de trancher, avant que le préfet ne fasse appel aux forces de l'ordre.
Police. Le commissaire Floc'h met le cap sur Brest
Téléthon. Toute la ville se mobilise
Travail et handicap. Les parcours analysés
«Paroles d'hiver». Petits détours avant la fin
Aînés ruraux 22. Le code de la route au menu des seniors
Et aussi...
Aujourd'hui
Vidéosurveillance. La grogne d'un syndicat policier
Écoles Baratoux et Ropartz. Les parents élèves inquiets
A savoir
Jeux vidéo volés. «Pour acheter de la nourriture»
«Un travail à vocation judiciaire»
Infos services