9 octobre 2009
Les salariés de Blanc Aero ont appris, hier, qu'un nouveau plan de départs allait être mis en place. Pour la CGT, seul syndicat de l'entreprise, les pouvoirs publics doivent impérativement intervenir.
Un chiffre d'affaires divisé par deux et «une claque monumentale». Depuis le début de l'année 2009, les 125 salariés de l'entreprise Blanc Aero Technologies - dont 75% de l'activité tourne autour de la compétition automobile - subissent de plein fouet la réduction des coûts en Formule 1 voulue par la Fédération internationale de l'automobile.
5 MEUR d'EUR de pertes
Pour la filiale du groupe belfortain Lisi, spécialisée dans la visserie de précision, les pertes devraient même se chiffrer autour de 5MEUR, à la fin de l'année. «Pourtant, depuis 2004, nous avons plusieurs fois interpellé notre direction, pour dire que l'usine devait diversifier son activité. Mais ils sont restés sourds à nos alertes car la Formule 1 rapportait de l'argent», regrette Frédéric Guichard, le secrétaire du comité d'entreprise, syndiqué à la CGT.
L'équilibre financier en 2010
Aujourd'hui, dix mois après le changement de réglementation de la compétition phare de l'automobile, le groupe Lisi a décidé de réorienter l'activité de son usine de Plérin vers l'aéronautique. Mais, si les perspectives de développement sont réelles, le rebond ne se fera pas avant un an et demi à deux ans. Conséquence directe, un nouveau plan de départs volontaires (*) va être mis en place au sein de l'entreprise, dans les semaines à venir (Le Télégramme d'hier). Objectif: un retour à l'équilibre des finances en 2010.
Des salariés abattus
Hier, réunis en assemblée générale, les salariés se sont fait communiquer la situation de l'usine par leurs responsables. Et ces derniers leur ont, également, exposé la principale mesure imaginée par la direction: une baisse très importante de la masse salariale. «En se basant sur le salaire moyen, cela fait 40 départs», continue Frédéric Guichard. Selon le syndicaliste, les employés de Blanc Aero Technologie, plus abattus qu'en colère, ne sont pas vraiment révoltés après cette annonce, car «tout le monde accuse le coup».
Un plan de sauvegarde de l'emploi
Reste que pour l'unique syndicat de l'entreprise, il n'est pas concevable de se contenter d'un nouveau plan de départs volontaires. «Nous voulons l'ouverture d'un plan de sauvegarde de l'emploi. Nous craignons que de trop nombreux départs ne fragilisent encore davantage Blanc Aero Technologies, et que nous ne soyons pas capables d'assumer de nouveaux marchés, au moment de la reprise».
Marché du travail sinistré
Mercredi, les représentants du personnel sont, donc, allés à la rencontre du maire de Plérin, Ronan Kerdraon. Dans la foulée, ils ont alerté le préfet pour lui demander d'organiser une table ronde. «Si nous ne gardons pas les gens ici, on va les envoyer au casse-pipe, sur un marché du travail sinistré et saturé de demandes, dans le département. Les élus et l'État ont des contacts, ils doivent nous trouver des clients pour que nous tenions le coup. Et il faut, aussi, mettre en place des formations», milite Frédéric Guichard. «L'usine est un outil formidable. Notre service qualité est un des meilleurs au monde. Il ne faut pas perdre ses compétences».
* Au mois de mars, 18 personnes ont déjà quitté l'entreprise à la suite d'un premier plan de départs.
Police. Le commissaire Floc'h met le cap sur Brest
Téléthon. Toute la ville se mobilise
Travail et handicap. Les parcours analysés
«Paroles d'hiver». Petits détours avant la fin
Aînés ruraux 22. Le code de la route au menu des seniors
Et aussi...
Aujourd'hui
Vidéosurveillance. La grogne d'un syndicat policier
Écoles Baratoux et Ropartz. Les parents élèves inquiets
A savoir
Jeux vidéo volés. «Pour acheter de la nourriture»
«Un travail à vocation judiciaire»
Infos services