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Maquette. Un trois mâts barque qui intrigue

31 octobre 2009

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Maquettiste réputé, en particulier pour les navires du XVIIIesiècle, Claude Roussel, vient de remettre en état un trois mâts barque, qui intrigue par sa conception et ses origines. Récupérée en piteux état, la maquette datant probablement des années 1860, qui avait souffert de l'oubli et de réparations de (mauvaise) fortune, a posé beaucoup de questions à l'ancien commercial, ancré rue de La Petite Ligne (de chemin de fer).

«Un travail de marin»

Pourtant, ce dernier qui profite du puits d'histoire qu'est Neptunia, la revue des Amis du Musée national de la marine, a cherché des réponses à ses nombreuses interrogations. Pour ClaudeRoussel, «l'ouvrage qui ne respecte pas d'échelle de mesure, avec une facture grossière pour certains éléments et disproportionnés pour d'autres, est sans doute un travail de marin». Pour étayer cette thèse, il cite «les éléments de la mature, le guindeau à barres (ou vire-veau ou vindas), le dispositif de commande de barre du type 1860, legouvernail qui obéit encore àla commande de barre, plaident en faveur d'un travail de marin».

Trois mâts inclinés

Le canon, placé sur le gaillard d'avant du type «canon-obusier monté sur affût à échantignolles», n'a pas éclairci la lanterne de notre historien qui note que si cette arme était en service dans la marine française sous LouisPhilippe (1830-1843), on en trouve aussi sur un navire américain (1856). De plus, l'inclinaison des trois mâts fait penser à certains bateaux américains du type Clipper ou Balaou, idem pour le ruban placé à la pomme du grand mât qui pourrait sensément représenter un pavillon étoilé. Pour corser le mystère de l'origine du voilier, les couches de vernis et de peinture, apportées précédemment, ont effacé le nom du bateau sur la poupe et l'ajout grossier de Tonkin sur le canot, n'éclaire pas plus l'historien. Alors pour Claude, devenu archéologue pour ce bateau dont la remise en état l'a passionné, l'hypothèse d'un marin américain qui aurait payé un achat, une consommation dans un port français, en troquant son travail de maquettiste, est la plus plausible.

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