1 avril 2010
La conférence sur les jeux dangereux, mardi, était à l'initiative d'EstelleBazillon, coordinatrice du RPAM de la Cidéral. «Lors d'une formation professionnelle, j'ai été sensibilisée aux jeux dangereux. J'ai souhaité développer la prévention auprès des assistants maternels du secteur et ouvrir la soirée d'information aux équipes pédagogiques ou aux enseignants des établissements scolaires». Visiblement, le thème a interpellé. Les participants sont venus en nombre écouter la conférence de Dominique Rousseaux-Diguat, déléguée de l'association des parents d'enfants accidentés par strangulation (APEAS).
La prévention: la seule arme
«De par ma profession, gendarme à la Brigade de prévention de la délinquance juvénile de Rennes (35), j'ai pu rencontrer Françoise Cochet, présidente de l'APEAS. Je me suis sentie concernée par son combat. Une fois à la retraite, j'ai souhaité m'investir», explique MmeRousseau-Diguat. Pour elle: «Ce phénomène ne peut être enrayé que par la prévention. C'est la seule arme. On met les enfants en garde contre l'alcool, la drogue. Et malheureusement, on est impuissant devant les jeux dangereux car on les ignore».
Reconnaître les signes
Quel adulte sait ce qui se cache derrière les termes, presque attirants, d'été indien? Rêve bleu? Cosmos? «Or, ces jeux amènent les enfants à ressentir des sensations fortes, des visions hallucinatoires, sans avoir conscience du danger». Les spécialistes les appellent jeux d'évanouissement ou jeux d'expérience. «Ces pratiques peuvententraîner des séquelles irréversibles, voire la mort. On devrait mettre en garde et poser comme principe non négociable de ne pas jouer avec sa respiration». Pour Dominique Rousseaux-Diguat, les parents sont les plus à même de reconnaître les signes précurseurs. Ils peuvent être physiques: traces rouges dans le cou ou maux de tête. Le comportementaux de l'enfant peuvent changer: agressivité soudaine, découverte d'un foulard ou d'une ceinture oubliée au pied du lit...
En parler pour dissuader
Ces jeux dangereux sont connus depuis longtemps: l'APEAS existe depuis 60 ans et le premier cas recensé concernait un enfant de 7 ans. «Il n'y a pas de profil type. Selonune enquête Ipsos de 2007, 28% des enfants de plusde 15 ans ont déjà expérimenté un jeu dangereux». Ilssont 48% chez les 10-14 ans. 29% des 6-10 ans ont déjà jouéau jeu de la tomate (couper sa respiration le plus longtemps possible pour devenir le plus rouge). Elle insiste: «La meilleure façon de mettre un terme à ces pratiques est d'en parler pour dissuader les jeunes de tester un jeu dont il ignore les dangers. Ils sont avides de nouvelles sensations. Se taire serait leur permettre de développer des fantasmes». Pratique Contact: Dominique Rousseaux-Diguat, tél.06.74.10.98.23; e-mail: dominique.ropusseaux.digat@jeudufoulard.com.

26 mai 2012

25 mai 2012 à 15h55