6 octobre 2009
Un Mayottais, âgé de 30 ans, devait répondre, hier, devant le tribunal correctionnel de Guingamp, de violences commises à l'encontre d'un arbitre de football, le 25septembre 2005, à Plounévez-Quintin. Ces faits se sont déroulés lors d'un match opposant l'équipe locale à celle de Coadout. Selon le prévenu, qui jouait dans l'équipe de Coadout, composée de six joueurs de couleur, l'ambiance du match a progressivement dégénéré, plusieurs erreurs d'arbitrage ont été commises et des propos à caractère raciste proférés par des spectateurs. Exaspéré, le prévenu aurait taclé le capitaine de l'équipe adverse par-derrière. Avant même d'avoir sorti son carton rouge, l'arbitre reçoit un coup-de-poing à l'oeil, saigne et doit sortir du terrain. À cette époque, la victime a bénéficié de sept jours d'ITT et le prévenu a été privé de licence de football par la fédération des Côtes-d'Armor pendant cinq ans. La procédure pénale a tout d'abord été classée sans suite par le tribunal correctionnel.
Pas de peine requise
C'est la victime et l'Unaf, l'Union nationale des arbitres de football, qui ont tenu à faire valoir leurs droits pour obtenir réparation deux ans et demi après les faits. À l'audience, il est beaucoup question de l'ambiance du match, on interroge la victime sur ces fameux propos racistes non signalés sur la feuille de match. «Aucun témoin direct», selon l'avocate de la victime qui intervient essentiellement, au nom de l'Unaf, au titre de violences commises à l'encontre d'un de ses arbitres. «Pas moins de trois ministères, l'Intérieur, le Sport et la Justice, planchent sur ces dérives violentes. Des plaintes de ce type, on en a très souvent devant ce tribunal, et pas seulement pour violences physiques mais également, verbales. Dès le jour même, le prévenu s'est excusé auprès de la victime, et encore le lendemain», précise le substitut du procureur, Antoine Loussot. «C'est un geste inadmissible à replacer dans un contexte raciste», insiste-t-il, mais il refuse de requérir une peine. Pour lui, le dossier s'est soldé, en décembre2006, par un rappel à la loi à l'encontre du prévenu et une sanction sportive lourde, insiste-t-il. «Le match était détestable, il revenait à l'arbitre de l'interrompre», plaide l'avocat du prévenu, sans toutefois réclamer la relaxe.
Une peine au minima
Le prévenu, dont le casier judiciaire était jusqu'ici vierge, demeurant aujourd'hui à Rennes, a été reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés. «Les conditions ne sont pas réunies pour que je prononce une dispense de peine», a précisé le président Jézégabel, prononçant une peine «au minima»: à payer 500 EUR d'amende avec sursis, 50 EUR de dommages et intérêts à l'Unaf nationale, 50 EUR à l'Unaf départementale et 300 EUR à la victime, «pour préjudice moral uniquement».
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