Aux abords de la RD14, les bouquets de fleurs se multiplient comme les mauvaises nouvelles. À quelques kilomètres de l'accident qui s'est soldé par la mort de deux jeunes hommes vendredi matin, Daniel Baron, maire de La Malhoure, connaît malheureusement bien ces histoires tragiques qui ne cessent de se multiplier.
Excès de vitesse dès le lendemain
Samedi matin, aux abords de la mairie de la petite commune, il contemple, désabusé, ces voitures qui passent à vive allure. « C'est pourtant limité à 50 km/h... », lâche-t-il. 60, 70, 80 Km/h, ça roule vite, même 24 heures après le drame. « Une fois, nous avons même contrôlé un camion qui a traversé le bourg de nuit à plus de 100 km/h », poursuit l'élu.
3.500 véhicules par jour
Un peu plus tôt dans la matinée, des motards de la gendarmerie effectuent des contrôles de vitesse. Car c'est vraiment le noeud du problème de la RD14. Daniel Baron le reconnaît : « c'est une belle route, le revêtement est bon. » Il n'y a pas trop de virages, du moins entre Lamballe et la Malhoure. Et ça roule beaucoup. « 3.500 véhicules par jour », confirme l'élu. Pour réduire la vitesse et les accidents, beaucoup de choses ont déjà été faites. Multiplication des lignes continues pour interdire de doubler, rambardes de sécurité posées à à peine une centaine de mètres du lieu de l'accident. « Les lignes continuent ont même été doublées et des passages piétons ont été aménagés dans le bourg », poursuit-il. Ces fameuses doubles lignes continues, on les retrouve également juste avant la petite descente qui conduit au drame de vendredi matin.
Un drame pour les familles
Tout cela manifestement ne suffit pas. Et les morts s'accumulent. « Tout ça pour gagner quelques minutes, lâche-t-il, désabusé. C'est une catastrophe, toutes ces vies brisées. » Et un drame quand il s'agit d'aller annoncer la mauvaise nouvelle aux proches des victimes. Une mission dont le maire de La Malhoure se passerait bien. « Oui, j'ai été confronté au regard des familles quand je leur annonçais que leur fils avait trouvé la mort dans un accident. C'est arrivé à plusieurs reprises. C'est vraiment un moment abominable. » Depuis qu'il est élu, Daniel baron estime à une vingtaine le nombre de victimes entre La Malhoure et Lamballe. Un chiffre suffisamment éloquent pour faire de cette RD14 la route de la mort.
VENDREDI 8 FÉVRIER 2013. La collision entre un car scolaire et une voiture à hauteur de la Mare-Jaune, à Maroué, fait deux morts, deux hommes de 20 ans et 22 ans, et six blessés (Voir Le Télégramme de samedi 9 février).
JEUDI 29 DÉCEMBRE 2011. Un homme de 85 ans trouve la mort avec une collision avec une camionnette, toujours au niveau du carrefour de la Mare-Jaune à Maroué. À l'issue de cet épisode tragique, Loïc Cauret, maire de Lamballe, avait stigmatisé les vitesses excessives sur la RD 14 et préconisé la mise en place de panneau de limitation à 70 km/h sur certaines portions et d'avantage de contrôles radars.
MARDI 29 NOVEMBRE 2011. Un mois plus tôt, un homme âgé de 37 ans perdait la vie, après avoir fait une sortie de route au niveau du Moulin de Prévot à Maroué.
SAMEDI 16 JUILLET 2011. L'année 2011, tristement macabre, avec ce jour-là, vers 6 h 30 du matin, une femme âgée de 88 ans qui avait effectué une tragique sortie de route au niveau du lieu-dit La vacherie à Proximité de la Malhoure. Là encore, les pompiers et le Smur 22, présents sur place, n'avaient rien pu faire.
VENDREDI 12 FÉVRIER 2010. Ce jour-là, il est 23 h quand une voiture, qui se dirigeait vers La Malhoure fait une sortie de route au lieu-dit L'Étang à Maroué. Dans la voiture quatre jeunes, trois garçons et une fille. L'un d'entre eux âgé de 20 ans est mort le lendemain, des suites de ses blessures. Ce dernier accident a fait également trois blessés.
De nombreux blessés
En mars 2011, une femme de 36 ans avait été également blessée lors d'une sortie de route au lieu-dit La Mare-Jaune. Plus loin dans le temps, le jeudi 30 novembre 2007, une voiture avait percuté un poteau et fini sa course sur le toit. À l'intérieur, trois femmes et deux hommes, âgés d'une vingtaine d'années, qui seront tous transportés au centre hospitalier de Saint-Brieuc.