22 septembre 2009
Depuis le10septembre, des éleveurs français et européens ne livrent plus leur lait aux professionnels. Jean-Marc Benoît, éleveur àSaint-Aaron, faitgrève, lui aussi, depuis quelques jours.
Aujourd'hui, Jean-Marc Benoît, producteur de lait à Saint-Aaron, au Gaec Benoît-Bouvier, va travailler sur son exploitation, autour de ses 100vaches, toute la journée. Seulement, en fin d'après-midi, au lieu de remettre ses 2.300l de lait au livreur de la coopérative laitière, il va, comme tous les soirs depuis une semaine, les jeter dans la fosse, dégoûté, écoeuré de voir que «les accords, arrachés en juin, l'ont été dans la violence et ne sont pas appliqués», explique le producteur. «En moyenne, aujourd'hui, on nous paie 0,25EUR le litre de lait or, 90% des éleveurs ont des coûts de production supérieurs à 0,25EUR le litre.»
La trésorerie est à plat
Depuis quelque temps, les nuits de Jean-Marc Benoît sont courtes et blanches. Avec 575EUR en moins par jour dans la colonne «recettes» (l'équivalent de 2.300l de lait acheté 0,25EUR le litre), le producteur sait d'ores et déjà qu'il ne pourra pas se verser de salaire à la fin du mois. «On a une trésorerie à plat et des achats conséquents à faire, je pense notamment aux bâches pour les silos et aux compléments alimentaires pour les animaux.Alors on va faire le dos rond, on va devoir travailler avec des retards de paiement et demander aux fournisseurs d'étaler les achats mais cela ne durera qu'un temps», lâche Jean-MarcBenoît. «Dommage qu'il n'y ait pas eu plus de gens à comprendre, à faire cette grève du lait...»
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