4 février 2012
«Pas de commentaire aujourd'hui. Peut-être la semaine prochaine...» 17h, hier, place du Marchallac'h. Après un peu plus d'une heure d'entrevue, Patrice Vidal, âgé de 46 ans, sort des bureaux de la députée Corinne Erhel et renvoie la presse à des déclarations ultérieures. Le directeur général de la division GDO de Xerox (Global Document Outsourcing, ou service de gestion documentaire) ne s'attarde pas davantage auprès de son comité d'accueil, composé d'une trentaine de salariés, tous inquiets pour leur sort. Rien de nouveau à signaler ou besoin d'un temps de réflexion avant de redéfinir une position officielle? Pour Emmanuel Le Bolzer, vieux briscard de la CFTC et chantre de la contestation, cette visite de terrain, sollicitée, rappelons-le, par les élus de l'Agglo et de Lannion, est tout sauf un coup d'épée dans l'eau. Certes, la venue du boss n'a donné lieu à aucun retournement de situation, Patrice Vidal se disant juste «confiant» pour la suite, sans pour autant détailler son propos sibyllin. Certes, aucune renégociation du plan social n'a été annoncée, au grand regret de salariés à bout «mais debout », selon la formule d'Emmanuel LeBolzer.
«Les solutions on les connaît»
Mais hier, le personnel qui travaille sur la dématérialisation des documents papiers (numérisation), a offert «une belle image de dignité», a insisté le représentant de la CFTC, usant de la méthode Coué pour mieux doper ses ouailles portées par l'énergie du désespoir. Une énergie qui s'est fait entendre. «Les solutions, on les connaît», ont rappelé les salariés qui disent avoir signifié, hier, de vive voix à leur patron les pistes évidentes pour sauver l'emploi en Trégor. «Mais M. Vidal n'était pas là pour nous écouter. Il nous a baladés. Il nous a dit qu'il était pressé. Pourtant, si on opère un transfert d'activité et si on gère correctement les départs anticipés, le plan social (18postes sur la sellette, NDLR) n'a plus lieu d'être, c'est évident», insistent plusieurs manifestants qui dénoncent conjointement l'inertie de Xerox à l'heure de trouver de nouveaux clients après la perte du contrat GDF, à l'origine de la procédure économique. Panneau explicite en main, Glenn, âgé de 12 ans, écoute. Le collégien qui participe à sa première manif sociale aimerait bien que sa maman, Nathalie, garde son emploi. Une mère de famille qui, après la bataille de l'opinion, s'en remet maintenant à la Justice (un référé contre le Plan de sauvegarde de l'emploi a été déposé).
Le patron évite le PV
À l'heure de rompre les rangs, Emmannuel Le Bolzer observe les politiques prendre le relais. Et insiste: hier, malgré l'absence de fumée blanche, ce n'était pas une journée pour des prunes! Et il sait de quoi il parle, lui qui, à l'heure du goûter, a intercédé auprès de la police pour que le patron de Xerox, mal garé, n'écope pas d'un PV pendant son rendez-vous chez la députée...
27 mai 2012 à 17h22

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26 mai 2012