1 juin 2009
La maison écologique? On en trouve de bons modèles à Tréduder (22), dans un petit lotissement peuplé d'auto- constructeurs. Leurs «journées écologiques» se poursuivent aujourd'hui lundi.
Question: «Elle est où la paille, dans le mur ?» Réponse: «La paille, c'est le mur». Voilà un dialogue entendu hier, à l'occasion d'une visite du lotissement écologique de Tréduder.
Matériaux naturels
Ici, quatre propriétaires construisent eux-mêmes leur maison, à partir de matériaux naturels: les murs sont en paille et en terre, la charpente en bois non traité, les ardoises du toit en bardeaux de mélèze. Les maisons prennent l'aspect d'un chalet. Les questions fusent parmi la vingtaine de visiteurs, qui ont fait la démarche de s'inscrire et de payer un petit droit d'entrée pour participer à cette visite. «Quelle épaisseur de terre dans le mur?», «Il ne fait pas trop chaud sous les combles?», «Comment est l'ossature de la maison, on ne la voit pas trop?».
Annie, Gilles et Natacha répondent avec plaisir à leurs interlocuteurs. Natacha, qui travaille à sa maison depuis plus d'un an, est plutôt fière de la terre ocre qu'elle est allée chercher dans une carrière, avec l'aide d'Annie. Stockée dans des baignoires, elle l'utilise pour donner des nuances de couleurs dans son futur intérieur. La terre est mélangée à de la paille, du sable et complétée par des ferments tels que la bouse de vache ou le vin de pissenlit. «C'est très beau», complimente un visiteur.
Toilettes sèches et roseaux
De son côté, Annie fait la promotion des toilettes sèches. «Beaucoup de gens hésitent, mettent du temps à se décider. Mais on s'y habitue.» Elle-même utilise des toilettes à l'extérieur de la maison. Les propriétaires ont eu l'obligation de se raccorder au réseau public d'assainissement. Mais ils lui préfèrent des roseaux, pour épurer les «eaux grises». Limiter l'impact sur l'environnement est leur objectif, de même que réduire la consommation d'énergie. «Je n'ai plus de frigo, annonce Annie. Je consomme de moins en moins de viande et j'ai un cellier frais, où je stocke des aliments.»
Le solaire pour l'eau chaude
La plupart envisagent des panneaux solaires pour l'eau chaude mais sont réticents aux panneaux photovoltaïques, dont la valeur écologique ne leur paraît pas prouvée. Ils croient plus à une éolienne collective. Construire «écolo», c'est aussi un état d'esprit, basé sur la coopération et l'entraide. Qui a trouvé un écho très favorable auprès des visiteurs présents hier. Et pourquoi ne pas poursuivre l'expérience aujourd'hui, en apprenant à construire ses briques de terre crue?
Pratique
Les «journées écologiques champêtres» se poursuivent aujourd'hui, à Tréduder:
. de 10h à 17h, atelier de fabrication de briques en terre crue (participation 15 EUR, sur inscription);
. à 15h, à la salle des fêtes, projection de film et débat sur l'accès au foncier par les nouveaux agriculteurs.
«Je n'ai plus de frigo. Je consomme de moins en moins de viande et j'ai un cellier frais.»
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