9 novembre 2009
Jeudi soir, Yvon Le Men recevait lepoète chinois Shu Caï, dans le cadre du deuxième rendez-vous d'«Il fait un temps de poème». «Nous nous sommes rencontrés en avril dernier, à Pékin. Sur le fronton du théâtre devant lequel nous avions rendez-vous, il y avait inscrit en français... et en chinois: «Il fait un temps de poème»», se souvient Yvon Le Men, dans un rire. Shu Caï (signifie arbre et talent) est né en 1965, d'une famille de paysan, dans un petit village du Zhejiang, au sud de la Chine. «J'ai été diplomate au Sénégal, pendant six ans.C'est en Afrique que j'ai réalisé que mon monde c'était mon village». Orphelin de mère à 4 ans, Shu Caï sera élevé par son père avec deux autres de ses frères, le troisième ayant été confié à une tante. «Mon père a été un «père-mère». Il ne s'est jamais remarié pour mieux élever ses enfants.» Il faut dire qu'en plus d'être paysan, le père de Shu Caï était l'instituteur et le chef du village. «Parce qu'il était instituteur, j'ai pu suivre mes études gratuitement jusqu'au lycée».
Une ouverture sur le monde extérieur
Mais qu'en est-il de l'influence de la révolution culturelle sur la poésie chinoise? «Le côté politique est toujours important dans la poésie chinoise. En 1945, le discours de Mao Tsé-Toung, dans lequel tout art et toute littérature devrait «servir le peuple» a laissé des traces indélébiles». Au début des années 1980, les choses ont changé et la Chine s'est ouverte sur l'extérieur. À partir de ce moment est née une génération de poètes chinois qui osent dire non. À noter Shu Caï est l'auteur de plusieurs recueils: «Solitaire», «Guet» et de traductions de poètes tels que Pierre Reverdy, René Char et Yves Bonnefoy. Ilest aujourd'hui chercheur à l'académie en sciences sociales de Chine, à Pékin.
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