14 octobre 2009
Afin de maintenir l'offre de soins, Christian Marquet se résout au rapprochement hôpital-clinique. Le maire et président du conseil d'administration de l'hôpital a demandé des garanties sur l'emploi.
La coopération entre l'hôpital et la polyclinique, vous y êtes favorable?
C'est une obligation qu'on doit mettre en oeuvre afin de maintenir une offre de soins sur notre territoire de santé, qui compte 90.000 habitants. La coopération doit permettre de maintenir à Lannion une chirurgie dans l'ensemble des domaines. Aujourd'hui, si vous ne faites pas assez d'actes, vous n'aurez plus l'agrément. Dans certaines pathologies, la clinique peut obtenir cet agrément. Dans d'autres, c'est l'hôpital. Mais il existe certaines pathologies où c'est le cumul des deux.
L'hôpital n'a donc pas le choix?
L'hôpital se doit d'équilibrer ses dépenses et recettes à travers la tarification à l'acte et à l'activité, qui en est à sa onzième version. Si j'en crois les spécialistes, cette version ne favorise pas les hôpitaux comme celui de Lannion. Lors d'une réunion, le 16juillet dernier, j'ai rappelé mes convictions au directeur de l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH). Je ne suis pas d'accord avec les orientations prises en matière de santé publique. La santé doit être avant tout un service public. Quand je vois qu'il se transforme en secteur marchand, cela ne peut que nous interpeller.
Cette coopération répond-elle à vos attentes, malgré tout?
Je suis quand même satisfait quel'ARH nous ait entendus sur nos souhaits et qu'on soit arrivéà trouver une solution, même si ce n'est pas la meilleure. Cequi m'importe, c'est le maintien de l'offre de soins et que ce soit transparent pour les citoyens.
Des services hospitaliers risquaient-ils de fermer?
Le souci de l'ARH, c'est l'équilibre budgétaire. Quand on n'a pas assez de recettes face aux dépenses, on ne peut pas trouver plus de malades. Alors fermer un service aurait pu être une solution. Mais j'ai été catégorique: ce n'est pas envisageable.
Mais le regroupement de services ne va-t-il pas menacer des emplois?
La députée Corinne Erhel et moi-même, en tant que président du conseil d'administration de l'hôpital, avons demandé que cette coopération se fasse à moyens constants, et en particulier à effectifs constants. Le directeur de l'ARH s'y est engagé.
Et pour la polyclinique?
Ma volonté, c'est qu'il n'y ait aucun impact sur l'emploi des deux côtés. S'il en était question à la polyclinique, j'interviendrai, comme je l'ai fait pour Alcatel-Lucent.
Cette coopération peut-elle aller jusqu'à une fusion?
Je m'inscris en faux contre le mot de fusion. Il s'agira d'une coopération. La clinique conservera son statut, l'hôpital aussi. Pour moi, une fusion est impossible, compte tenu qu'un des établissementsa un statut public et l'autre privé.
Où sera le futur plateau technique?
Ce peut être le site actuel de la clinique, celui de l'hôpital, voire un nouveau site. C'est l'étude d'un cabinet-conseil qui dira quelle est la meilleure solution. l'ARH est d'accord pour accompagner financièrement ce site unique.
Quand la décision sera-t-elle prise?
L'ARH demande que l'étude soit finalisée pour la fin de l'année. Cela paraît difficile. On doit passer par un appel d'offres. Début novembre, on choisira le cabinet.
«Une nécessité». C'est ainsi qu'Antoine Perrin présente la coopération entre l'hôpital Pierre-Le Damany et la polyclinique du Trégor. «Je suis arrivé à démontrer cette nécessité aux deux établissements, nous en avons fait le constat ensemble.Il n'y a pas de place à Lannionpour deux plateaux techniques», nous indiquait, hier,ledirecteur de l'Agence régionalede l'hospitalisation (ARH). Ce message, il était venu le porter au printemps 2008 lors d'unevisite à Lannion, où il avait fortement encouragé, pour ne pas dire pressé, l'hôpital et lapolyclinique à travailler ensemble. Une coopération qui va entrer bientôt dans une phase concrète, surlachirurgie des cancers et l'étudesur un site unique de chirurgie(Le Télégramme d'hier). «La population de Lannion ne peut pas se passer des services de médecine, chirurgie, urgences, maternité. Mais le secteur n'a pas une taille suffisantepourlacoexistence de deuxcentres»,argumente AntoinePerrin. «Si les deux centres restent, ils seront tous les deux faibles. Il est indispensable qu'il y ait un seul projet, allant jusqu'à un site unique, avec un seul plateau technique où tous les spécialistes d'un même organe travaillent ensemble». Comme le maire de Lannion, le directeur de l'ARH ne va pas jusqu'à employer le mot de fusion. «C'est difficile parce que nous avons un statut public et un statut privé. On travaille sur une structure public-privé et on regarde la faisabilité d'un site unique». Un site unique qui consisterait à déménager l'un des établissementspour le rapprocher de l'autre. L'éventualité d'un site neuf semble exclue. «Je demande que ce qui sera fait soit optimisé financièrement. Abandonner les sites existants pourenconstruire un autre serait ruineux», prévient Antoine Perrin. Qui balaie toute inquiétude sur le devenir des emplois. «Quand deux services se regroupent, on a forcément besoin de moins de personnes. Mais cela permet de redéployer des moyens vers des services qu'on ne peut pas assurer aujourd'hui. C'est une opportunité pour créer de nouveauxservices. Il y aura des redéfinitions de postes. Mais globalement, il n'y a aucune crainteàavoir sur l'emploi, au contraire».
«Ce qui m'importe, c'est le maintien de l'offre de soinssur le territoire»
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