7 novembre 2009
Ancien maire de Trégastel, Loïc Le Guillouzer publie son premier roman, «Rue de la Fontaine». Derrière le destin de trois générations de femmes à l'Île-Grande, une bouleversante histoire d'enfance déracinée.
Loïc Le Guillouzer a troqué son écharpe de maire contre une plume qui le chatouillait depuis déjà plusieurs décennies. «L'envie d'écrire a grandi, elle est devenue nécessitée», confie celui qui fut professeur d'anglais et directeur des études à l'Enssat. C'est dans son expérience de premier édile que Loïc Le Guillouzer a puisé l'inspiration de ce premier roman. «Une femme s'est présentée à ma permanence de maire. Elle cherchait un logement de type social. Nous avions le même âge, pourtant je ne la connaissais pas. Elle m'a déballé le cours de sa vie, son récit m'a remué jusqu'aux tripes». Rose est élevée par sa «mamm-gozh». Sa mère, Denise, est partie sans elle tenter sa chance à Paris. Quand elle vient la reprendre, c'est pour faire endurer à la petite fille les souffrances et humiliations d'un coeur aigri. Le monde protégé de la ferme de l'Île-Grande s'oppose à la froide violence de la Courneuve. Rose devra trouver son chemin de renaissance...
Une fiction inspirée d'une histoire vraie
Rose ne s'appelait pas Rose. Elle n'a pas passé son enfance à la ferme de Toull Gwenn. L'Île-Grande ne possède même pas de «Rue de la Fontaine». Loïc Le Guillouzer a pris toutes les libertés du romancier pour donner naissance, à partir d'une histoire vraie, à une fiction qui se laisse dévorer d'un seul trait, tant l'écriture est limpide, plaisante et efficace. «Ce qui m'a bouleversé, c'est cette enfance terrible de gosse maltraitée, si différente de ma propre enfance passée à quelques encablures de là», explique l'auteur, qui ajoute: «Ce qui m'a plu aussi, c'est qu'en dépit des années de calvaire traversées, cette victime-là ne se soit pas transformée en bourreau».
Des îliens aux Indiens
Si «Rue de la Fontaine» parle facilement au coeur des Trégorrois, c'est aussi parce que le souffle de la Bretagne, singulièrement celui de l'Île-Grande, y est aussi palpable. C'est une histoire de femmes, dans une société très matriarcale - les hommes s'engageaient alors à bord dans la Mar Mar - et un milieu bretonnant bercé par la magie des festoù-noz et des plaisirs offerts par l'estran. Rédigé en trois mois, au coeur de la montagne californienne - l'autre havre de paix de Loïc LeGuillouzer, qui garde des attaches d'étudiant là-bas -, «Rue de la Fontaine» est édité à 1.000 exemplaires chez Diabase (Plancoët). «Le livre est dédié à mes petites-filles, qui m'ont bien aidé à me couler dans la peau de mon personnage», indique Loïc Le Guillouzer, déjà attelé à son prochain livre. Un roman qui, loin du Trégor, plantera son décor chez les Indiens Koruks. . Pratique «Rue de la Fontaine», 232 pages, Edition Diabase, 18 EUR.
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