4 novembre 2009
Voilà bientôt quarante ans que Christian Madec écrit des vers. Pour son plaisir, et pour donner sens à son existence. L'inspiration est multiple. Elle a pris forme dans un recueil qui vient de paraître.
Christian Madec vient d'accoucher. L'enfantement a duré près de quarante ans. Avec son lot de hauts et de bas. De périodes inspirées et de calmes plats. Mais au final, son «bébé» est là. Un petit pavé d'une grosse centaine de pages qui mêle à la fois couplets laconiques et ribambelles d'alexandrins. Son nom: «En vers et avec tout». «C'est sans doute ?Les Fleurs du mal?, de Baudelaire, qui m'a fait comprendre que la poésie pouvait transmettre des choses que la langue courante ne permet pas, explique posément cet autodidacte, conquis par la littérature créatrice vers l'âge de 20 ans. Audépart, j'étais plutôt inspiré par l'état de souffrance. Quand on est jeune, on va plus facilement vers les affects extrêmes du tout noir ou du tout rose. Avec l'âge, j'ai compris qu'il fallait s'en méfier. J'ai appris à être plus juste dans l'écriture de ce que je ressens. Ça évite de se complaire dans le mal-être, et en définitive, de sombrer.»
Un matheux jamais loin des vers
Noyé dans des études très scientifiques (École des Mines de Nancy), et un métier qui ne l'était pas moins (ingénieur sur le site lannionnais d'Alcatel), ce natif de Guiclan (Finistère) délaisse quelque peu le vers. Sans toutefois l'oublier totalement. Le carnet et le stylo ne sont jamais loin lorsque pointe l'inspiration. Sur la plage de Saint-Efflam, lors d'une naissance à la ferme, ou devant les chutes d'Iguaçu, au Brésil. Avec le temps et les rencontres, le perfectionniste a reconsidéré la spontanéité de l'esprit. Du premier jet. «Le poème dans sa forme courte, est intimement lié à l'instant. Et même s'il ne semble pas abouti, il faut le laisser évoluer. Quand on analyse trop sonécriture, on perd confiance. Et on perd l'idée première qui a inspiré.»
Redevenir rêveur
Écorché vif, Christian? Non. Disons, «hypersensible». Par nature. Et «grâce» aux aléas de la vie. En sollicitant ici et là des âmes bienveillantes (Yvon LeMen, notamment), et en participant à des ateliers d'écriture à Lannion, le poète a simplifié son langage, et aiguisé le sens des images. «J'aime les interactions entre les différents arts, confie-t-il. En se confrontant à l'univers du sculpteur ou du musicien, on peut suggérer beaucoup de choses. Et se nourrir mutuellement.» Ce premier recueil a certes puisé dans ses énergies. Mais lui a donné un élan. De quoi se remettre à écrire. Et surtout, à rêver. Car le syndicaliste qu'il a longtemps été se lamente de redevenir le rêveur d'autrefois. Pratique «En vers et avec tout», chez Liv Éditions. Prix: 17EUR. En vente à Gwalarn, et au centre E.-Leclerc Lannion. Christian Madec sera présent au salon de Plestin-les-Grèves, dimanche.
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