23 février 2012 - 1 réactions
«Au début, on trouvait ça joli ces ballets d'oiseaux dans le ciel, mais il y en a eu de plus en plus et maintenant, c'est invivable», lance Monique Le Merle (la bien nommée?). Cette habitante de Goas Elven, tout comme ses voisins, vit depuis près de deux mois à l'heure des étourneaux. Dès la tombée du jour, «vers 18h30, 19h», le spectacle commence. Les volatiles piquent en même temps, par petits groupes, dans les frondaisons d'une haie de faux lauriers. «Ils ont commencé par une haie, et quand le dortoir a été trop petit, ils en ont envahi une autre», précise MmeLe Merle. La cérémonie du coucher est rapide: «Les derniers rentrent vers 19h». Très disciplinés. Ils le sont moins côté volume sonore. «Il faut les entendre, cela fait un bruit! À croire qu'ils se racontent leur journée», témoigne la plaignante. Qui peste aussi contre l'odeur. «Avec toutes ces fientes, je ne peux même plus aller dans mon jardin. Plus le soleil chauffera, plus çasentira. On ne sait plus quoi faire.»
Pas de solution miracle
Du côté de la mairie, on cherche des solutions. «Des solutions miracle, il n'y en a pas beaucoup», annonce le maire, Jean-Yves Menou. Il existe bien deseffaroucheurs, des appareils utilisés sur les pistes d'aviation,qui, par un système de bandes sonsenregistrées, effraientlesoiseaux. «Mais si on les utiliserégulièrement, ils s'habituentetl'impact est très limité.» L'élu a alerté la préfecture il y a un mois, s'est renseigné auprès de l'Office national des forêts (ONF). «Le mieux serait de rabattre les haies pour qu'ils aillent nicher ailleurs. Des courriers sont partis chez les propriétaires des deux haies». Christian Boulard, un autre voisin, a trouvé une solution radicale, et très efficace: «J'ai passé ma haie au Kärcher, pendant unepetite heure, maintenant ils se méfient.» La mairie, elle, a fait appel aux chasseurs. Pas question de tuer en masse les piafs envahissants, mais plutôt de les déstabiliser par le bruit des fusils pour les faire fuir ailleurs. «La chasse s'arrête officiellement le 1ermars. Mais, dans ce cas-là, les étourneaux sont considérés comme des nuisibles, on peut les chasser par dérogation et encore deux heures après le coucher du soleil», explique Jean-Yves Menou. Samedi et dimanche, les chasseurs sont donc venus, à leur tour, faire du bruit dans le voisinage. «Ils sont des milliers, c'est impressionnant, rapporte Dan Geffroy, président de la société de chasse. Les séances de tir vont ainsi se répéter chaque soir, à partir d'aujourd'hui.
150 cartouches par soirée
«Une subvention exceptionnelle va être votée en conseil municipal pour dédommager les chasseurs», promet le maire. «On grille quand même entre 100 et 150 cartouches par soirée», témoigne Dan Geffroy. Monique Le Merle, de son côté, prie pour que l'épreuve du feu contre ses étourneaux fonctionne. «D'après l'ONF, s'il en reste ne serait-ce que 10%, l'an prochain, ça pourrait devenir une vraie catastrophe sanitaire.» Hier soir, à l'heure où s'assombrit la campagne, les étourneaux étaient déjà beaucoup moins nombreux: effet eau à haute pression, peur du chasseur ou début de migration?

26 mai 2012

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