2 novembre 2009
Nouvelle votation, samedi,à La Poste. Lecollectif Aïta invite les Trégorrois à se prononcer pour ou contrele bilinguisme breton-français, au guichet comme au distributeur.
«Etes-vous favorable au bilinguisme breton-français dans des bureaux de Poste sous statut public?» C'est la question qui sera proposée, samedi, aux usagers de La Poste, en complément de la votation organisée le mois dernier sur le projet de privatisation. L'initiative en revient au collectif Aïta, «Bougez-vous», en breton. Un collectif qui, depuis quatre ans, milite activement, et avec le sourire, pour la défense de la langue bretonne et lerespect de la diversité culturelle. «La signalétique en breton progresse dans les communes, mais on ne voit rien venir du côté des services publics comme La Poste ou la SNCF», déplorent d'une seule voix les militants d'Aïta, qui tiennent à garder l'anonymat pour parler au nom du collectif. L'an dernier, revêtus de leur tee-shirt orange, ils avaient improvisé un guichet de poste en breton devant le perron de l'établissement public, au centre-ville de Lannion.
«Les traductions sont prêtes»
Samedi, c'est donc une votation qu'ils proposeront au public, entre 10h et 12h. Une action proposée à Lannion mais aussi, simultanément, à Bégard, Guingamp, Brest, Pontivy, Auray, Lorient et Vannes. «Nous avons demandé à plusieurs reprises aux dirigeants de La Poste de nous recevoir, en vain. Nos revendications n'ont pourtant rien d'incongru. Nous demandons à pouvoir échanger en breton avec les employés de La Poste qui le veulent, et nous réclamons une signalétique intérieure et extérieure en langue bretonne, ainsi que la possibilité d'interagir aux automates, distributeurs de billets et de timbres, en breton au même titre que le français.» Et les militants d'Aïta de souligner: «L'outil existe, toutes les traductions ont déjà été assurées par l'Office de la langue bretonne, d'ailleurs les banques s'y sont mises, alors pourquoi pas La Poste ou la SNCF?»
«Un trésor inca jeté aux oubliettes»
Pour Aïta, le breton s'apparente à «un trésor inca qu'on aurait jeté aux oubliettes». «Une rue Anjela-Duval, c'est autrement plus parlant qu'une rue des Bleuets ou des Mouettes», avance le collectif. Lequel veut prendre exemple sur la Catalogne ou le pays de Galles «où tout est bilingue, sans que cela pose problème». Et de conclure : «Pour nous c'est ringard de rester sur une seule langue. Préserver les cultures et les langues fait partie du développement durable. Et les jeunes qui apprennent aujourd'hui le breton à l'école ont besoin d'un environnement bilingue, qui respecte leur identité.» Contact http://ai.ta.free.fr
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