13 octobre 2009
L'hôpital et la polyclinique pourraient, dans cinq ou six ans, ne plus faire qu'un. Une étude sur les possibilités de regroupement de certaines activités sur un site unique va être lancée. Elle pourrait aboutir à une fusion.
Dès le 1erjanvier prochain, le centre hospitalier de Lannion-Trestel et la Polyclinique du Trégor vont renforcer leur coopération dans le domaine de la chirurgie des cancers. Concrètement, les patients atteints d'un cancer digestif, ORL, urologique ou cancer du sein se feront opérer à la clinique et ce, même si leur chirurgien est rattaché au centre hospitalier. A contrario, les interventions concernant des cancers gynécologiques (utérus, ovaires...) se feront toutes au bloc opératoire de l'hôpital. «On a pris en compte les volumes d'activité des deux sites pour se répartir les autorisations d'opérer. Pour autant, le suivi pré et post-opératoire (sous 48heures après le réveil) se fera dans l'établissement de rattachement du chirurgien: à l'hôpital si le praticien est un hospitalier, même après une opération du côlon faite obligatoirement au bloc de la clinique», indique le Dc Philippe Menut, P-DG de cette dernière.
Partager... Jusqu'à quel point?
Il ne s'agit-là que d'une première étape avant un projet de plus grande envergure: celui d'un bloc opératoire unique à Lannion. Un appel d'offres vient d'être lancé la semaine dernière. Vingt-huit cabinets conseils étaient déjà sur les rangs, hier. L'heureux élu aura à étudier la faisabilité d'un bloc opératoire unique, donc... et peut-être plus que cela. «Nous devons faire en sorte que les patients n'aillent pas se faire opérer ailleurs quand ils peuvent l'être chez nous, anticiper la pénurie de médecins aussi...», indiquent Philippe Carvou, directeur de l'hôpital et Thierry Crenner, directeur de la polyclinique. L'idée est donc de partager et de mettre en commun une partie des ressources qu'elles soient humaines, matérielles, immobilières. La question est: jusqu'à quel point? «En s'embarquant dans une aventure comme celle-là, on ne sait pas jusqu'où elle va nous mener», concède Philippe Menut. Rien ne dit en effet qu'avoir un seul bloc opératoire au lieu de deux ne nécessitera pas, à son tour, de disposer juste à côté d'un service d'urgences ou d'imagerie médicale. Et donc, si cela devait s'avérer économiquement et pratiquement judicieux, d'aboutir à regrouper toutes les activités.
Pas de suppressions d'emplois
L'étude, dont le principe a été validé par les conseils d'administration et commissions médicales des deux établissements, devra répondre à un certain nombre de questions. Qu'est-ce qu'on met dans le pot commun? Où, sachant que l'Agence régionale d'hospitalisation s'est dite d'emblée hostile à un bâtiment neuf sur un site tiers? Avec quels financements? Et dans quel cadre juridique? «On a l'engagement écrit solennel du directeur de l'ARH, comme quoi le projet n'aboutira pas à supprimer des emplois (environ 1.200 à l'hôpital et 160 à la clinique)», souligne Philippe Menut. Face aux inquiétudes du personnel, les dirigeants espèrent «qu'au contraire ce projet boostera l'activité». Dans cette histoire, il n'est pas dit que l'ogre mangera le petit Poucet. «Numériquement l'hôpital est plus lourd, en effectifs et en nombre de lits. Mais la clinique n'a rien à nous envier dans ses deux domaines de compétences, la chirurgie des cancers et la chimiothérapie», déclare lui-même Philippe Carvou, directeur de l'hôpital. Hôpital ou clinique, une aile nouvelle devra de toute façon être construite. «Études, travaux, élaboration des programmes... Il y en a pour cinq ou six ans», compte le Dr Silve, qui préside la commission médicale de l'hôpital.
«Nous sommes motivés».
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