4 février 2010
Les écoliers de Servel accueillaient, hier, leurs héros: deux pompiers briochins, partis porter secours en Haïti. Des décombres de Jacmel, Benjamin et Franck ont retiré des morts. Et une fillette bien en vie.
Élisabeth, les petits écoliers de Servel connaissent déjà son histoire. Un parent de la maîtresse, médecin sapeur-pompier missionné à Jacmel, la leur a racontée, à chacun des trois appels qu'il leur a passés, depuis Haïti. Mais cette histoire-là, c'est mieux qu'un conte de fée. Les enfants ne se lassent pas de l'entendre. C'est celle d'un sauvetage miraculeux que Benjamin Le Goff et Franck Le Loarer sont venus, à leur tour, leur relater de vive voix. Ces deux-là sont pompiers au centre de secours de Saint-Brieuc. Tous deux faisaient partie de la petite équipe de sept Français, partis avec le beau-frère, l'instit de Servel, apporter les premiers soins à la population sinistrée par le séisme à Jacmel, dans le sud d'Haïti. «Nous sommes partis pour le compte de deux ONG, Pompiers humanitaires de Normandie et Aide Action Internationale Pompiers», ont expliqué les secouristes.
Quatorze secouristes pour 80.000 habitants
Diaporama de photos à l'appui, Benjamin relate: le périple en avion, pick-up et bateau pour atteindre la région sinistrée. Les cinquante tonnes de vivres et de matériel à charger et décharger à la main. L'arrivée dans le chaos de Jacmel: une agglomération de 80.000 habitants réduite à néant, plus d'hôpital, plus d'école... Nous étions au sixième jour après la catastrophe, et seulement deux postes de secours de chacun sept personnes pour venir en aide à autant de monde.Les quelques jours de notre présence là-bas, nous avons directement soigné plus de 900 blessés, à sept.»
Une fillette sauvée, un bébé mis au monde
Les écoliers de Servel ont pris conscience de la condition misérable dans laquelle survivent les petits Haïtiens: «Un camp réunit environ 4.000 personnes réfugiées sous de simples bâches, sur la surface d'un terrain de football. Un seul repas par jour, sous forme d'un plat frugal de riz et haricots servi à 17h, c'est tout.» Benjamin et Franck montrent les photos du sauvetage inespéré d'Élizabeth, la fillette dégagée des décombres de son immeuble effondré. «Nous étions là pour retrouver des corps afin de les rendre à leurs familles. Et nous avons eu cette chance de retrouver deux enfants, vivants.» Les pompiers briochins garderont aussi en mémoire, image souriante parmi tant d'images sombres, cet accouchement de fortune auquel ils ont aidé: le cri de la vie, dans cette odeur de mort. Également, le sourire retrouvé des enfants auxquels ils ont fourni des ballons de football et des crayons de coloriage. «Après les premiers soins d'urgence, il nous a semblé important d'occuper ces enfants qui avaient tout perdu.»

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