7 juillet 2009
À Dossen Rouz, sur le port de Locquémeau, desfouilles archéologiques mettent à jour le passé gaulois du site. Ici, aux IIe et Ier siècles avant JC, on produisait du sel...
Depuis près d'un mois, ils sont une douzaine d'irréductibles à fouiller l'histoire des Gaulois. Un chantier de fouilles archéologiques se tient sur le site gaulois de Dossen Rouz, au port de Locquémeau. Accroupis ou debout, des bénévoles, étudiants en histoire et archéologie pour la plupart, creusent, déplacent des cailloux pour mettre à jour une histoire qui remonte aux IIe et Ier siècles avantJC.
À la tête de ces fouilleurs du passé, une chercheuse du CNRS de l'unité Centre de recherches archéologiques d'archéosciences et d'histoire (Creaah) de Rennes, Marie-Yvane Daire. «On connaît ce site depuis les années quatre-vingt. Il a déjà été sondé en 1998. Là, on a décidé de faire une étude approfondie, avant qu'il disparaisse, explique la chercheuse. Ce site a déjà été largement dégradé par l'érosion.» La tempête qui a sévi sur Locquémeau, en mars2008, n'a rien arrangé. Il était donc temps de sortir les pelles, mini-truelles et autres peignes. Ces fouilles, financées par le conseil général et le ministère de la Culture et aidées par le soutien logistique de la commune de Trédrez, ont été riches en découvertes. Des bouts de murs d'une maison gauloise sont notamment visibles à l'oeil nu.
«On a trouvé le four!»
Mais la découverte tant attendue est arrivée hier, peu avant notre passage sur place. «On a enfin découvert les restes du four à sel!», souriait Marie-Yvane Daire. Du temps des Gaulois, on produisait du sel à Dossen Rouz. «Ils collectaient de l'eau de mer, qu'ils faisaient ensuite chauffer dans des pots en argile sur un four», raconte la chercheuse. Combien de Gaulois vivaient là? «Ce site s'étend quand même sur 100m². On peut donc penser qu'il fallait une communauté suffisamment importante pour le faire fonctionner», avance Marie-Yvane Daire. Et des communautés comme celle-là, il y en avait d'autres dans la région. «Dans le coin, il existe une vingtaine de sites de ce type. Il y en a notamment deux à Pleumeur-Bodou. En Bretagne, on en dénombre, jusqu'à aujourd'hui, environ 200.» Un plus indéniable pour la recherche. «Tous ces éléments de comparaison vont nous aider à mieux comprendre comment fonctionnait le site de Dossen Rouz, mélange d'habitat et d'artisanat», souligne Marie-Yvane Daire.
Quels modes de vie?
La chercheuse attend beaucoup de ce chantier archéologique. Outre l'aspect production de sel, elle espère en apprendre davantage sur les modes de vie de l'époque. Vendredi, le chantier s'achèvera. Le site sera entièrement recouvert, remis en l'état. Coquillages, ossements d'animaux, morceaux de céramiques, etc. Tout ce qui a été mis à jour ici partira vers Rennes pour être analysé, inventorié. «Pour un mois de terrain, on a facilement dix mois de laboratoire derrière.» Bien plus tard, certaines pièces seront peut-être amenées à être exposées... Pratique Visite du chantier ouvert aupublic, demain, de 16h à18h, suivie d'unevidéo-conférence àlacoopérative maritime surleport de Locquémeau, à 18h30.
«Pour un mois deterrain, on a facilement dix mois de laboratoire derrière.»

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