4 octobre 2010
Il y avait peu d'élus et de pêcheurs, vendredi soir à Saint-Michel-en-Grève, à la réunion organisée par Sauvegarde du Trégor sur le projet d'extraction de sable dans la baie. En revanche, la Compagnie armoricaine de navigation (Can), demandeuse d'un titre minier, y était représentée en force. Ainsi, un débat contradictoire a pu s'ouvrir, même si parfois, les échanges ont manqué de courtoisie. L'enquête publique concernant l'ouverture du gisement de la Pointe d'Armor, pourraitdémarrer à la fin du mois dans les onze communes concernées.
Le littoral menacé pour Sauvegarde du Trégor
«Il s'agit d'une extraction de sable coquillier qui serait conséquente, de l'ordre de 400.000m³ par an, a exposé Yves-Marie Le Lay, le président de Sauvegarde du Trégor. Personne ne peut jurer qu'elle n'aura aucun impact sur le littoral. Le trou créé va naturellement se combler avec l'érosion des littoraux. Au moment où tout converge vers un relèvement du niveau de la mer, il ne faut pas prendre le risque de fragiliser nos côtes.C'est le principe de précaution.»
Arguments et propositions
Yves-Marie Le Lay a argué que la configuration de la baie et sa courantologie ne favorisaient pas un apport de sable extérieur. «Les sabliers ont extrait du sable dans l'estuaire du Léguer il y a plusieurs dizaines d'années et il s'en est suivi la destruction de plages», a-t-il avancé. Ce dernier a prôné une exploitation en pleine Manche et une utilisation moindre du sable par l'agriculture intensive. «Cette zone d'extraction va perturber des zones de frayères qui permettent aux pêcheurs de Locquémeau de vivre», a complété le président de la fédération environnementale.
La question des volumes d'extraction
«La motivation de ce gisement est de compenser les volumes et les arrêts de maërl en 2013, a déclaré Sébastien Floc'h, le P-DG de la Can, au cours de la soirée. La Pointe d'Armor viendrait compenser la fermeture de trois gisements. Le volume maximal d'extraction que nous avons demandé est de 400.000m³ par an, cela ne veut pas dire que c'est la quantité moyenne qui sera retirée annuellement. D'ici dix ans, nous avons vocation à exploiter un volume de sable de 500.000m³ sur cinq gisements sur l'ensemble de la côtenorddela Bretagne; nous ferons des arbitrages.»
«Dans une démarche de développement durable»
«Nous faisons ce métier traditionnel depuis 40 ans, a développé Sébastien Floc'h. La Bretagne a toujours eu du sable dans ses champs. Objectivement,nouscroyons que notreactivitéestcompatible avec le développement durable. Nous sommespour le compromis.» «Le risque est pris collectivement, a défendu Pierre Le Coz, président d'Agriva (société du groupe Roullié qui valorise le sable coquillier). Sur les 20ans d'exploitation que nous sollicitons, il y aura des arrêts préfectoraux tous les cinq ans qui permettront de faire des états de référence. On ne nous donne pas un blanc-seing. On ne fait pas ce que l'on veut.»

26 mai 2012

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