5 octobre 2009
Des profs de quatre pays d'Europe, animant un même cours à des milliers de kilomètres de distance... sur le même écran. C'est le principe de la classe virtuelle, expérimentée de Lannion.
Deux délégations d'enseignants allemands et islandais viennent de passer une semaine au lycée Félix-le-Dantec pour procéder, de Lannion, aux premiers essaisde visioconférences avec un lycée situé à Exeter, en Angleterre.
Favoriser l'Europe des jeunes
Le projet, subventionné par l'Europe à travers le programme Comenius, est ambitieux. Il vise, ni plus ni moins, à jeter les bases d'un nouveau type d'enseignement qui permette d'étudier à travers toute l'Europe... sans bouger de sa ville. «Il ne s'agit pas de cours magistraux mais de travaux pratiques volontairement ludiques, qui permettent de favoriser les échanges entre jeunes Européens», définit Renaud Richard. Pour ce prof d'histoire-géo passionné d'Europe et de communication, le rêve est en passe de devenir réalité.
Roméo français Juliette anglaise
«Les collègues sont très enthousiastes. Rien qu'à Lannion, ils sont une trentaine à vouloir participer au lancement de cette classe virtuelle internationale.» Une classe totalement ouverte, qui pourrait comprendre, par exemple, six Lannionnais, six Allemands, six Islandais et six Anglais pour arriver à un effectif normal. «Les Germanistes bretons prendraient part en visio, dans le cadre de leur programme de biologie, au TP de dissection donné depuis l'Allemagne. On peut aussi imaginer de monter une pièce de théâtre où une Juliette anglaise donnerait la réplique, par écran interposé, à son Roméo français.» Les idées d'application ne manquent pas. Le tableau numérique, assurant l'interface, permettra en effet à un élève situé dans un pays de répondre physiquement à la question posée par un camarade d'un autre pays.
Une expérience inédite
Reste à lever les freins à cette éducation européenne. Barrière de la langue. Incompatibilités de programme, parce qu'on n'étudie pas forcément les mêmes maths au même niveau d'un pays à l'autre. Différences de calendrier scolaire, parce que les dates de vacances et d'examens diffèrent. «C'est pour ça que le programme s'étale sur deux ans», commente Renaud Richard. «Cette année, ce sont surtout les enseignants qui planchent et tentent de résoudre les obstacles techniques: une sorte d'observatoire et de plateforme expérimentale. Mais l'an prochain, les élèves seront davantage associés pour échanger, dans une approche pluridisciplinaire, sur l'événement qui a marqué le mois ou la semaine dans leur lycée.» Une première, qui préfigure sans doute l'école de demain.
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