29 septembre 2009
Ils viennent du Brésil, du Gabon et de Centre-Afrique et sont tous les trois inscrits à l'IUT de Lannion. Ana Rita, Sename Hermann et Stanislas nous racontent ce qui les a poussés à poursuivre leurs études à des milliers de kilomètres de chez eux.
Ils viennent du Gabon, de Centre-Afrique et du Brésil. Géographiquement, on peut donc penser qu'il y avait peu de chances pour que Sename Hermann, Stanislas et Ana Rita viennent un jour à se croiser. C'est pourtant ce qu'ils font désormais au quotidien dans les couloirs de l'IUT Lannion, où les deux jeunes hommes et la jeune femme poursuivent leurs études. Sename en «Mesures physiques», Stanislas en «Réseaux & Télécoms» et Ana Rita en journalisme. Chacun a quitté son pays pour des raisons différentes.
Un choix qui s'impose
Stanislas, lui, n'avait pas vraiment le choix. Pour pousser ses études, il fallait aller voir ailleurs qu'en Centre-Afrique. «J'ai passé un bac technique. Et chez nous, après un bac technique, il faut sortir du pays pour poursuivre plus loin dans les études, explique le jeune homme. En restant en Centre-Afrique, j'avais le choix entre des stages et rester chez moi...» Sename, lui aussi, s'est expatrié plus par obligation que par choix. Pour ce scientifique en puissance, c'est «la physique» qui comptait et rien d'autre. Or, au pays, il aurait dû se contenter «de faire des maths.» L'étudiant gabonais a donc plié bagages, grimpé dans l'avion, direction Lannion, où il a pu s'inscrire en «Mesures physiques». À 2.000km de chez lui, à Libreville. Ana Rita, la jeune brésilienne, a de son côté sauté sur l'occasion de poursuivre son cursus en France, après trois années de fac chez elle, au Brésil. Elle avait le choix entre le Portugal, l'Argentine et la France. La future journaliste n'a pu résister à l'appel du pays de Molière. «J'ai toujours bien aimé la culture française, ses arts... Et puis sa langue aussi que je trouve vraiment très belle», confie la néo-Lannionnaise.
Trop froid à Lannion...
Trois pays. Trois jeunes. Et, on vient de le voir, trois raisons de s'expatrier pour étudier. Nos trois étudiants lannionnais, en tout cas, ne regrettent pas leur choix. «Au Brésil, des stéréotypes circulent sur les Français. On dit qu'ils sont fermés, inaccessibles, etc., sourit Ana Rita. Mais moi ici, au contraire, j'ai découvert des gens très gentils et accessibles!» Pas plus de regrets pour Sename et Stanislas. Malgré le climat breton... «Quand je suis arrivé l'an dernier, j'ai souffert du froid. J'avais mal à la tête, j'ai eu la grippe... Ce n'était pas facile. Parfois, j'avais plus envie d'aller en cours», se souvient Stanislas. «Moi, j'ai aussi un peu de mal avec le froid», rigole Sename, qui n'a pourtant pas encore goûté aux frimas de l'hiver...
Après la France, l'Amazonie!
Lui et ses camarades croquent en tout cas à pleines dents dans l'opportunité que leur offre aujourd'hui l'IUT de Lannion. Une expérience qui va compter, c'est certain. Stanislas se servira des connaissances acquises ici pour «en faire profiter mon pays». Ana Rita, elle, retournera aussi chez elle, au Brésil. «Parce que j'aime mon pays, bien sûr, confie la jeune femme. Mais aussi, parce que j'ai un projet pour mon retour là-bas: travailler en Amazonie pour le compte d'une radio.En venant en France, je me confronte à d'autres coutumes, à des milieux différents. Ça me servira certainement pour l'Amazonie».
L'IUT de Lannion s'internationalise. Cette année, l'établissement accueille 28 étudiants étrangers. Onze nationalités sont représentées: Chine (10étudiants), Brésil (3), Espagne (2), Gabon (4), Tchad (1), Maroc (3), Nigeria (1), Cameroun (1), Congo (1), Sénégal (1) et Népal (1). À l'IUT, un service est entièrement dédié à l'accueil des étudiants étrangers. «L'idée, à la base, c'est d'avoir un seul interlocuteur pour les étudiants étrangers qui souhaitent nous rejoindre, mais aussi les étudiants français qui cherchent un stage ou veulent partir étudier à l'étranger», explique Annick Chaillou, professeur et chargée de mission pour le service «Relations internationales» de l'IUT de Lannion. Depuis deux ans, ce service dispose même d'une secrétaire à temps plein: Anne Droniou. Elle assure une prise en charge complète des étudiants étrangers à leur arrivée à Lannion: recherche de logement, titre de séjour, assurances, ouverture d'un compte bancaire, etc. L'IUT lannionnais a également rejoint le programme d'accueil d'étudiants étrangers, mis en place par le réseau des IUT de France. Un plus. «Via ce programme, les jeunes étrangers sont sûrs de décrocher leur visa pour la France, car nous sommes en relation avec l'ambassade de France dans leur pays d'origine. C'est ainsi plus facile», explique Annick Chaillou. L'IUT s'inscrit dans ce programme avec deux pays pour le moment: le Gabon et la Chine. Ces deux pays sont donc logiquement les plus représentés parmi la colonie étrangère de l'IUT: dix étudiants chinois et quatre Gabonais. «Nous sommes très contents de ce programme. Pour la Chine, on en est encore qu'à la première année. Et avec le Gabon, tout se passe bien jusqu'ici. 100% des étudiants que nous avons accueillis sont sortis avec leur diplôme», se réjouit Annick Chaillou.
«En restant en Centre-Afrique, j'avais le choix entre des stages et rester chez moi...»
Bijoux. Yutta Schaeidt défend son idée du beau
Terre des Hommes. Fest-noz humanitaire au printemps
Très haut-débit. Les craintes de Corinne Erhel
RFS. Une table ronde lundi à la sous-préfecture
Infos services
Aujourd'hui
À savoir
Diwan. Cherche donateurs pour financer sa croissance
Carré Magique. Bravo Le Prato!
À savoir
Infos services
Le Dantec. Un documentaire pour mieux comprendre la malnutrition
Téléthon. Les pompiers vont transpirer pour la bonne cause