7 octobre 2009
L'Association Jalmalv (Jusqu'à la mort accompagner la vie) Côtes-d'Armor proposait une conférence débat autour du deuil périnatal, lundi soir à Savidan.
La conférence était animée par Élisabeth Martineau, journaliste canadienne, auteur d'un ouvrage intitulé «Surmonter la mort de l'enfant attendu», paru en 2008, et Marie-Suzanne Berdux, psychologue au pavillon femme-enfant de la maternité du centre hospitalier de Saint-Brieuc. «J'ai écrit ce livre dix ans après la mort de mon bébé in utero», a précisé Élisabeth Martineau. «Ce soir, je ne suis pas ici pour raconter mon histoire, mais d'autres histoires à travers des témoignages de mamans et de professionnels». La conférence se présentait sous la forme d'un dialogue entre parents et professionnels, par lettres interposées. «C'est un peu une manière de montrer que parents et professionnels peuvent avancer ensemble pour essayer de faire sortir cette souffrance du placard». Un jeune couple de Rospez, venu pour«partager son expérience avec d'autres»avait du mal à contenir son émotion. La première lettre émanait d'une jeune femme qui racontait le cauchemar qu'elle a vécu quand, à quinze jours du terme, elle s'est rendu compte que son bébé ne bougeait plus dans son ventre. «Il était mort, mais c'était toujours mon bébé, je voulais l'accompagner jusqu'au bout de son chemin, j'étais avant tout une maman»,témoigne la jeune mère dans sa lettre.
Un événement à ne pas banaliser
«Il faut savoir que souvent pour la maman, vient s'ajouter à la peine, un immense sentiment de culpabilité. D'où l'importance pour l'entourage de ne pas banaliser cet événement. Il est important même si le bébé n'est plus là, d'être reconnu en tant que parent», souligne Marie-Suzanne Berdux. Reste que les médecins obstétriciens et sages-femmes sont souvent désemparés quand ils sont confrontés à un décès fétal. Que dire à la maman qui vient de perdre son enfant? Le rôle du psychologue est alors primordial. «Chaque histoire est unique. Dans le travail de deuil, se pose la question de l'après, il y a la la peur d'oublier ce bébé né sans vie. Et puis un jour on se rend compte que ça devient une force... »
Un accompagnement spécifique
À la demande du corps médical, qui se sent parfois démuni, l'association Jalmalv envisage de mettre en place un accompagnement spécifique pour les couples touchés par le décès de leur bébé, in utero ou à la naissance. Si la demande est importante, un groupe de parole pourrait voir le jour à Lannion. Par ailleurs, les groupes de parole pour les familles endeuillées reprendront les mercredi 14 et 28 octobre, à 18h30, à la mairie annexe de Brélévenez. L'association recherche des personnes intéressées par l'accompagnement et l'écoute.
Contact Jalmalv Lannion au 02.96.37.99.28.
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