23 octobre 2009
Le covoiturage à Beg-ar-C'hra, ce n'est pas nouveau. Mais le lieu, au carrefour de deux routes importantes dont la RN 12, dispose désormais d'une aire aménagée. Que les usagers n'ont pas tardé à trouver.
Un jeudi de la fin septembre,vers18h. Une dizaine de voituressont stationnées sur la nouvelleaire de covoiturage deBeg-ar-C'hra, qui vient tout justed'êtreouverte aux utilisateurs. Aurélien, qui habite Lanvellec,etBastien, domiciliéàPlouégat-Moysan, n'ont pas tardéàlarepérer. «Elle est facileetpropre», souligne Aurélien.
En route pour le lycée
Depuis la rentrée, les deux jeunes gens font la route ensemble vers le lycée agricole de Kernilien, à Plouisy, où ils sont étudiants. «Ça coûte moins cher. Et c'est plus agréable», commente Aurélien. «C'est mieux que d'aller à deux voitures», ajoute Bastien. Plus tard dans l'après-midi, nous croisons deux jeunes femmes. L'une, qui habite Saint-Brieuc, est stagiaire dans une entreprise. Elle rejoint sur l'aire une collègue de travail, pour aller sillonner la campagne dans une même voiture. Ils devraient être vite plus nombreux à fréquenter cet espace, qui offre quarante places de stationnement. Car les automobilistes n'ont pas attendu d'avoir un espace dédié, pour pratiquer du covoiturage à partir de Beg-ar-C'hra.
Entre RN 12 et D 11
Situé sur la commune de Plounévez-Moëdec, ce lieu se trouve au carrefour de deux routes importantes: la RN 12, entre Morlaix et Guingamp; et la D11, entre Lannion et Callac. Jusque-là, beaucoup utilisaient le parking du restaurant routier situé à proximité.
«Nous accompagnons les pratiques des gens. Les aires de covoiturage sont réfléchies comme ça. On essaie de sécuriser les lieux et d'offrir plus de confort», explique-t-on au conseil général, qui a pris en charge les travaux. Le coût se situe entre 30.000 et 40.000 EUR, comme pour cinq autres aires, qui viennent d'être ouvertes dans le département.
L'aire de Beg-ar-C'hra compte quarante places, «sans faire de gros aménagements», précise l'agence technique départementale. Une réserve foncière existe pour pouvoir l'agrandir, si le besoin se fait sentir. Comme cela s'est fait récemment au rond-point de Kernilien, à Plouisy, au carrefour de la RN 12 et de la quatre-voies qui mène de Lannion à Guingamp.
Une aire bien appréciée des Trégorrois, dont la capacité a été portée de 40 à 78 places.
La commune de Tréduder n'a que 300 habitants mais elle envisage de créer une aire de covoiturage sur son territoire. Surprenant? Ici plus qu'ailleurs, la question du transport apparaît comme crucial pour le développement du village. Les élus projettent de réaliser cette aire de 30 à 40 places pour 2011 ou 2012 à un emplacement stratégique: au Pont Ar Yar, point d'entrée sur l'axe de circulation Lannion-Morlaix. «Actuellement, Pont Ar Yar est un point de ralliement pour les parents qui y déposent ou récupèrent leurs enfants prenant le bus de la ligne 30, expose le maire, Claude Paris. Les parkings sont insuffisants. Nous voulons régler les problèmes de sécurité existants, mais aussi les dépasser». Les élus pensent ce futur aménagement comme une plate-forme de correspondance avec les transports collectifs. «On pourrait imaginer que des minibus parcourent la campagne et rabattent les usagers vers les zones de covoiturage le long de l'axe, propose Christophe Kergosien, adjoint au maire. Ils seraient ainsi rapprochés des lignes de bus départementales dont la desserte pourrait être plus régulière et plus rapide. Si la proposition est crédible, elle fonctionne». Les élus pensent aussi à l'avenir en créant une alternative au tout voiture ou à l'«autosolisme». «Le covoiturage peut constituer un vrai projet de territoire, argumentent Claude Paris et Christophe Kergosien. Est-ce que l'on attend d'aller dans le mur sur le plan environnemental ou est-ce que l'on met en place des outils?» Autres remarques: «Notre population à Tréduder a changé ces dix dernières années. Les nouveaux habitants viennent souvent de la ville et reprendraient plus facilement des pratiques collectives», note le maire. «Nous avons un projet d'écohameau avec des logements sociaux. Si nous attirons des personnes à faible revenu, notre situation géographique peut leur poser des problèmes de mobilité», ajoute Christophe Kergosien.
Des projets d'aires aussi à Langoat et Cavan La commune de Langoat souhaite transformer rapidement un petit parking aux abords du rond-point de Pont Losquet en aire de covoiturage. Celui-ci accueille actuellement cinq à six voitures à la journée. «Nous sommes en négociation pour le terrain avec le propriétaire, explique Jean-Yves Merrien, premier adjoint au maire. Les travaux à réaliser seraient minimes. Ce type d'aménagement peut motiver le covoiturage». Depuis plus d'un an et demi, une vingtaine de voitures stationnent régulièrement sur une aire naturelle au lieu-dit Breizh Izel, à Cavan, à deux pas d'une bretelle donnant sur la quatre voies Lannion-Guingamp. La commune de Cavan et la communauté de communes du Centre-Trégor souhaitent que cette aire soit prise en compte dans le schéma départemental et aménagée. Le terrain appartient actuellement au conseil général des Côtes-d'Armor. Sur www.Ticoto.fr les trajets domicile-travail prédominent En 2006, le conseil général des Côtes-d'Armor a mis en place un site internet de mise en relation de covoitureurs, www.ticoto.fr. Au 1er septembre, il comptait 2.500 inscrits dont 56% de femmes et 28% de 18-25 ans. L'augmentation du prix des carburants en début d'année a eu un impact non négligeable. La mise en relation se fait essentiellement sur des trajets entre le domicile et le travail, inférieurs à 50km. Une petite augmentation est constatée sur les trajets liés aux activités de loisirs (acheminement vers les festivals par exemple). Sept nouvelles aires départementales cette année Le conseil général s'est engagé à réaliser 18 aires de covoiturage en cinq ans. Le programme a démarré en 2007. Cette année, sept nouvelles aires sont prévues et six d'entres elles vont être inaugurées ce lundi : Beg-ar-C'hra à Plounévez-Moëdec, l'aire de la Lande Seguin et l'aire de Bel-Air à Dinan, l'aire de la Ville-Louis à Rostrenen, l'aire du Ruellou à Saint-Nicolas-du-Pélem, l'aire de la Ville-es-Lann à Lamballe. Les coûts, exclusivement financés par le Conseil général, varient entre 30.000 et 40.000 EUR HT. Dans le schéma départemental, on observe qu'une aire est programmée à l'entrée de la ville de Lannion, vraisemblablement au rond-point du Boutil, mais à quelle date?
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