6 novembre 2009
Voilà une femme chef d'entreprise qui sait ce qu'elle veut. Âgée de 32ans, Cécile Bernard està la tête de sa propre maison d'édition pour lajeunesse. LaLannionnaise est peut-être un exemple à suivre pour toutes celles qui hésiteraient àse lancer...
Elle sait ce qu'elle veut et elle se donne les moyens d'arriver à ses fins. Voilà l'un des principaux traits de caractère de Cécile Bernard. À 32 ans, cette maman de deux garçons (âgés de six ans et un an et demi) est en adéquation avec ses envies. En adéquation avec sa vie, tout simplement. Depuis trois ans, elle mène de front vie de famille et vie de chef d'entreprise. Un jour de novembre2006 naissaient officiellement les éditions Mouton Cerise. Une maison d'édition de livres pour enfant que Cécile a créée de A à Z en à peine neuf mois.
Le déclic
Le pari était osé. Mais la jeune femme n'a pas hésité à plonger dans le grand bain de l'entrepreneuriat. Poussée, un peu, par un coup du sort. «J'ai une amie qui est tombée gravement malade. Et même si ça me trottait déjà dans la tête depuis un moment, c'est ce qui m'a décidée à créer mon entreprise. Je me suis dit que c'était trop bête d'attendre, que la vie était trop courte. J'avais envie de le faire et il fallait que je me donne les moyens de le faire», raconte la jeune femme. Trois ans plus tard, les éditions Mouton Cerise poursuivent leur bonhomme de chemin. Quatorze livres ont été édités, dont près de la moitié est née de la plume de Cécile elle-même.
«J'étais habituée à monter des dossiers»
Pour l'instant, elle ne tire pas de revenus de sa maison d'édition. Pour faire chauffer la marmite, Cécile a donc dû poursuivre parallèlement son métier de graphiste. En indépendante, mais aussi, depuis la rentrée, au lycée Savina de Tréguier, où elle donne des cours d'arts appliqués. Peu importe en fait, car la jeune femme a d'ores et déjà réussi son premier défi: créer son entreprise. Et sans trop de difficultés. Son passé de chef de projet multimédia pour des collectivités territoriales lui a sans doute facilité la tâche. «De par mon ancien métier, j'étais habituée à monter des dossiers, à aller chercher des subventions. Ça m'a servi, je pense.»
La condescendance des hommes...
Cécile Bernard a suivi ses envies et ne le regrette pas. «Je préfèretrès honnêtement le côté chefd'entreprise. Le regard deshommes est différent, on yvoitquand même plus de respect...», sourit-elle. Pour sûr, son passé de salarié chez IBM France ne lui manque pas. «J'évoluais dans un milieu macho.» Cécile se souvient aussi de la condescendance, à peine dissimulée, de certains élus, lorsqu'elle travaillait pour le compte de collectivités territoriales en Artois (62). «On va dire que j'étais gentille à leurs yeux...» Pas prise au sérieux, en somme. Peut-être ces mêmes hommes considéreraient autrement, aujourd'hui, la Cécile chef d'entreprise? Peut-être. L'éducation, les conditionnements sociaux sont encore un frein pour beaucoup de femmes. «Certains hommes ont du mal à accepter que leur femme crée quelque chose, c'est un fait», est consciente Cécile. Pour celles qui hésiteraient à franchir le pas, elle n'a qu'un conseil: «Il faut se donner les moyens de faire ce que l'on a envie de faire, tout en limitant les risques.» À bonnes entendeuses...
Un match d'impro à Lannion. La troupe brestoise Impro Infinis'associe avec son homologue lannionnaise, la Lilan, pour un match d'improvisation théâtrale sur le thème de l'égalité femme-homme. Rendez-vous mardi, à 20h30, au Pixie. Renseignements au 02.96.37.65.32. Attention, nombre de places limité. La discrimination dans le monde du travail, la mixité dans les métiers font partie des thèmes qui seront abordés par la troupe d'improvisation de Brest, lors d'un théâtre-forum qui aura lieu au lycée Le Dantec, de Lannion. Au cours de la partie forum, les spectateurs se substitueront aux comédiens pour réinterpréter les scènes. Ensuite, place aux échanges. Cette animation s'adresse aux classes de 4e, 3e, seconde, CAP et BEP des collèges et lycées du Pays du Trégor-Goëlo et au public de la Mission locale. Rendez-vous mardi, à 14h, au lycée Félix-Le Dantec de Lannion. Gratuit et sur inscription uniquement, au 02.96.48.54.23. Ce film, qui met en scène l'histoire d'une jeune anglaise d'origine indienne, préférant jouer au football plutôt que de suivre les traditions de son pays d'origine, sera projeté au cinéma Les Baladins, le jeudi 19novembre, à 20h30. La projection sera suivie d'un débat animé par Clotilde Sol Dourdin, présidente départementale du Centre d'information sur le droit des femmes (CIDF). Entrée payante. Le mercredi 18novembre, les 3e du collège de Plestin participeront à un module comprenant, notamment, un jeu questions-réponses portant sur l'évolution de stéréotypes, la diversification des choix professionnels et l'égalité homme-femme. Destiné aux jeunes, il aura pour but de faire prendre conscience de la spécificité de l'emploi féminin et des inégalités existantes, d'ouvrir les jeunes à l'idée d'une autre orientation professionnelle possible pour les hommes et les femmes ou encore de les amener à s'exprimer sur les représentations qu'elles/qu'ils ont des rôles sociaux des femmes et des hommes.
Les mentalités évoluent «très lentement» «Les mentalités évoluent certes, mais encore lentement, très, trop lentement», constate Viviane Le Thomas, chargée de coordination à la Maison de l'emploi et de la formation professionnelle. Il reste, par exemple, encore plus difficile pour les femmes d'accéder aux postes àfortes responsabilités. «Il y a un exemple parlant: aucune femme n'occupe aujourd'hui un poste de directrice dans une communauté de communes», indique Viviane Le Thomas. Les carcans professionnels Sur le Pays du Trégor-Goëlo, plus de la moitié des femmes en recherche d'emploi se concentre sur trois secteurs d'activités: vente, services administratifs et services aux personnes. Preuve qu'il existe toujours des résistances dans tout un tas de secteurs vers lesquels beaucoup de femmes n'osent ou ne pensent pas à se diriger. Attention à la crise... C'est la mise en garde faite par Laëtitia Bourdon, conseillère à la Mission locale. «Il ne faudrait pas que la crise économique actuelle serve d'alibi à renvoyer les femmes vers leurs foyers», s'inquiète-t-elle. Des études récentes montrent que les femmes continuent d'être les plus touchées par le chômage dans le Pays du Trégor-Goëlo. En mars2009, elles représentaient 53% des demandeurs d'emploi. Toujours en mars2009, les femmes représentaient 56,7% des demandeurs d'emploi de longue durée (inscrits à Pôle emploi depuis au minimum douze mois). L'inégalité dans les salaires Les écarts entre les femmes et les hommes demeurent. Une étude Insee de 2006 révèle que, de manière globale, les hommes gagnent environ 31% de plus que les femmes dans les Côtes-d'Armor. Un écart qui peut atteindre 36% pour les cadres. Une orientation professionnelle encore trop conditionnée «Ça? Ce n'est pas un métier pour une femme (ou un homme)!» Qui n'a jamais entendu prononcer ces mots? Oui, les conditionnements sociaux, les préjugés et autres clichés ont la peau dure. À la Mission locale, on le constate encore tous les jours et on essaye de combattre cet état de fait auprès des jeunes. «Il faut absolument que le choix d'orientation reste un vrai choix.»
«Certains hommes ont du mal à accepter que leur femme crée quelque chose, c'estun fait.»
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