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Charles-Le Goffic. Le collège pour maison

19 février 2012

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C'est une obligation. Le principal du collège doit loger sur place. Un avantage les soirs de réunion. Le week-end, le chef d'établissement préfère prendre le large. Récit d'un quotidien pas comme les autres.

Il est là, quand, même les élèves n'y sont plus. Il vit là, quand même les ados n'y viennent plus. Depuis deux ans, Bernard Flant est principal au collège Charles-Le Goffic. Nécessité absolue de service oblige (décrétée par l'Éducation nationale), il doit vivre sur place. À 57 ans, il n'en est pas à son premier logement de fonction. Cela fait vingt-cinq ans qu'il dort entre les murs d'établissements. «C'est devenu une habitude, je ne fais plus attention au calme», commente-t-il.

«Ici, la vie est agréable»

Son appartement est juste au-dessus de son bureau de travail. Il n'a que les escaliers à monter pour se retrouver dans son salon. «Ça permet de s'avancer le soir, quand il reste du boulot, confie-t-il. Pareil lors des conseils de classe ou d'administration. On n'a pas de route à faire après.» Et depuis la hauteur des bâtiments, accrochés à la colline, la vue sur le reste de la ville est im-pre-na-ble. «Ici, la vie est agréable. On a un très bel horizon sur Lannion. Mais du côté cuisine, on voit la cour», sourit Bernard Flant. La cour du collège, il s'en sépare le week-end et pendant les vacances, histoire de retrouver sa maison de Trévou-Tréguignec. «C'est une nécessité de se couper du monde scolaire, même si je n'ai jamais eu le sentiment que le collège m'étouffait», explique le principal. Alors, pour ne pas y rester bloqué 24 heures sur 24, les permanences tournent entre l'adjoint, l'agent comptable et le directeur de l'enseignement adapté. Quatre personnes au total, pour veiller sur plus de trois hectares. «Nous ne sommes pas des gardiens. Loin de là!, précise le chef d'établissement. Notre rôle est de prévenir la police ou les pompiers en cas de problème, pas d'aller prendre des coups.» Il touche du bois. Jamais, dans sa carrière, Bernard Flant n'a eu affaire à une intrusion ou à un incendie.

«Je ne vis pas avec mes collègues»

Le soir, quand les couloirs se vident, les lumières s'éteignent et que le portail se tire, l'équipe de direction se retrouve rarement pour passer du temps ensemble. «Je n'ai pas l'impression de vivre avec mes collègues. Après les cours, on est indépendant. La vie personnelle prend le dessus. Et heureusement!» À quelques années de la retraite, Bernard Flant imagine déjà son départ. «Ça fera sans doute drôle de quitter les lieux...»

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