23 février 2012
Vivre dans un camion, c'était le rêve de gosse de Mickaël. Un rêve devenu réalité dès qu'il a eu l'âge de conduire. Aujourd'hui, âgé de 19 ans, ce jeune homme, originaire des Côtes-d'Armor, est l'heureux propriétaire d'un Mercedes 210D, son premier véhicule. Depuis bientôt un an et quelque 20.000 km parcourus, il vit dans ce camion, essentiellement le week-end, pendant les vacances et lors de ses périodes de cours en centre de formation. «À la fin de mon alternance, j'aimerais bien être à l'année dans moncamion», renseigne Mickaël. À l'intérieur du véhicule, un matelas, un poêle à bois confectionné avec une vieille bouteille de gaz, une cuisine sommaire, quelques rangements et un bac étanche pour son matériel de voile. Quant à la douche, elle est solaire et se prend dehors. «J'ai fait l'isolation, un peu d'électricité... On aménage en fonction de nos besoins, explique ce jeune apprenti et moniteur de voile. C'est une satisfaction personnelle de pouvoir faire ça soi-même. Ça prend du temps, mais ça me correspond parfaitement». Seul petit bémol: l'espace de vie restreint. «À l'intérieur, c'est tout petit, à peine 5m²! Alors, il faut se forcer à ranger tout le temps, sinon ça devient vite invivable. Mais pour mon premier camion, j'ai décidé de ne pas partir sur une grosse caisse. Je peux me garer facilement en ville, il n'est pas très encombrant, consomme raisonnablement... Et puis, si je vis dans mon camion, c'est surtout pour profiter de l'extérieur.»
De belles rencontres
Ce que Mickaël apprécie par-dessus tout, c'est la liberté que lui procure son habitation sur roues avec vue sur le monde. Un jour ici, le lendemain ailleurs. «Je vis dans mon camion par plaisir. Si je veux aller passer la nuit devant la mer par exemple, je fais quelques kilomètres et c'est bon. Je peux changer de destination au dernier moment, pas de problème pour réserver un hôtel!» Et dans les lieux où il décide de s'arrêter, il arrive au jeune conducteur de faire de belles rencontres. «J'ai passé trois semaines en Irlande au mois de décembre. Un soir, un Irlandais est venu toquer à ma porte pour savoir si j'étais breton! J'ai rencontré des gens sympas ce soir-là. Je les ai revus et j'ai même passé la soirée de mon anniversaire avec eux. C'est un exemple parmi d'autres, et quand on est tout seul dans son camion, ça fait du bien de rencontrer du monde, c'est un peu comme une petite famille».
Pas des marginaux
Mais le jeune homme avoue qu'il est plus souvent confronté aux réactions négatives des gens. «Il faut sortir des clichés, enlever l'étiquette négative qui est collée sur ceux qui vivent en camion. Il n'y a pas que des marginaux, des chômeurs ou des gens sales! Je ne vois pas une grande différence entre les retraités qui sont dans leurs camping-cars et nous.» Mickaël affirme que pour la majorité des personnes qui vivent dans un camion, il s'agit d'un choix de vie, et non d'une nécessité. «C'est sûr, on ne paye pas de taxe d'habitation. Mais il ne faut pas vivre dans un camion par obligation. Il y a les défauts de carrosserie, l'emménagement, les problèmes pour se garer, la législation, la consommation d'essence ou encore les ennuis mécaniques.Pour les vieux camions, c'est parfois difficile de trouver les pièces.» Au printemps dernier, Mickaël a participé à un rassemblement de Mercedes aménagés. Comme lui, la majorité des propriétaires avait un travail. «Ils faisaient toute sorte de boulots. Il y avait, par exemple, un cuistot qui vivait dans son 508 et allait au travail à vélo», se souvient-il.

26 mai 2012

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