7 mai 2009
Elle a été controversée, mais depuis lundi, la centrale à béton de Saint-Marc est en service. Le groupe Bretagne Matériaux qui l'exploite, met en avant sa capacité de production et son absence de rejets dans l'environnement.
C'est par une large avenue goudronnée que l'on accède à la nouvelle centrale à béton de Saint-Marc, au bord de la rocade Est de Lannion. Le bâtiment, tout en acier (ou presque), est plutôt imposant avec ses cinq silos culminant à 14 mètres de hauteur. La société Mateco, désormais filiale du groupe Bretagne Matériaux, vient de mettre en service cet outil dernier cri de la marque allemande Elba, sans équivalent en Bretagne, selon ses responsables.
Presque pas d'intervention humaine
Depuis lundi, les 15 salariés qui y travaillent, prennent doucement leurs marques, mais étonnamment, il s'agit principalement de chauffeurs de camions. La centrale fonctionne presque sans bras. Elle est pilotée uniquement pardes ordinateurs et les deux centraliers, Franck Jézéquel et Loïc Cloarec.
Le coeur de l'équipement est constitué par un malaxeur de 2m³, une sorte de grand tambour de machine à laver, où viennent se mélanger tous les éléments constitutifs du béton: ciment, sable, gravillons, eau et adjuvants. Mais ce n'est pas la seule spécificité de la centrale, bien au contraire.
Le temps de fabrication divisé par trois
«Elle est dotée d'une capacité de fabrication très performante, explique Jean-Paul Croguennec, le directeur général de Bretagne Matériaux. Le constructeur donne une capacité de fabrication de 98m³ de béton par heure. Pour faire plus parlant, il nous faut quatre minutes pour faire et charger le contenu d'un camion de 6m³.» «Il s'agit d'un gros outil, mais qui est très souple pour répondre aux différentes demandes des clients», ajoute ce dernier. Antoine Le Guyader, responsable de l'équipement, s'enflamme en expliquant les différentes possibilités offertes. «Nous sommes en mesure de proposer jusqu'à une soixantaine de bétons, basiques et techniques, détaille-t-il. Et nous pouvons changer très rapidement de flux de production.»
L'eau recyclée et les poussières captées
Pour autant, la centrale est-elle respectueuse de l'environnement? Ce point sensible, décrié sur l'ancienne centrale datant des années 60, a été particulièrement étudié. «Il n'y a plus aucun rejet», répond d'emblée Jean-Paul Croguennec. Les retours de béton (par exemple, ce qui est retiré de la cuve des camions lors de leur nettoyage) partent dans une machine baptisée un recycleur. Les matériaux solides et l'eau sont séparés, puis l'eau est réutilisée dans le circuit de fabrication. Les eaux de ruissellement et pluviales sont acheminées par le biais de bouches vers un bassin de décantation doté d'un séparateur d'hydrocarbures. «Il y a un système d'aspiration continue dans le malaxeur et un filtre vient absorber la poussière, explique Antoine Le Guyader. Les silos contenant du ciment sont également surmontés de filtres.» Quant à l'aménagement paysager, il est encore à parfaire, reconnaissent les dirigeants. Du côté de la vallée, un bardage en bois habille la zone des trémies (réservoirs à matériaux) et près de 2.000 plants ont été posés sur la butte.
Le projet de centrale à béton à Saint-Marc a été porté depuis 2007 par la famille Le Grand. Mais, au 1erseptembre 2008, celle-ci a cédé au groupe Bretagne Matériaux deux de ses sociétés, Le Grand Mateco et Bois Ouest Industrie. Les activités de négoce de matériaux et de fabrication de béton, ont été rassemblées dans la filiale Mateco. Cette dernière compte sur le site de Saint-Marc près de 80 salariés. Le groupe Bretagne Matériaux a été fondé il y a 35 ans dans la région rennaise. Il a réalisé 95millions d'euros de chiffres d'affaires en 2008, compte 250 personnes et 23 agences, en dehors de ses filiales (également Pasco Matériaux à Pontivy et à Baud). «Nous ressentons une baisse d'activité depuis le mois d'octobre qui est aux alentours de 10 à 15% selon les métiers, reconnaît Jean-Paul Croguennec, directeur général de Bretagne Matériaux. Le secteur le plus touché estlegros oeuvre dont le béton.» Compte tenu du contexte économique, il est prévu que la centrale à béton de Saint-Marc atteigne un cubage annuel en 2010 de l'ordre de 30.000m³. Sa clientèle est constituée à 98% d'entreprises du bâtiment. Elle tourne du lundi au vendredi de 7h à 18h30 et intervient dans un rayon de 40km autour de Lannion. «Notre outil a une durée de vie de 15 à 20 ans», estime Jean-Paul Croguennec. Ce dernier souhaite rapatrier devant la centrale à béton le négoce de matériaux d'ici trois ans. Il prévoit pour cela la construction d'un bâtiment neuf. «L'immobilier restant sera récupéré par la famille Le Grand pour y mener des projets», complète le directeur général de Bretagne Matériaux. Quant à l'ancienne centrale à béton, elle sera démontée. Mais ses silos font actuellement l'objet d'une opération de vidage.
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