29 septembre 2009
Fang est Chinoise. Ibrahim est Guinéen. Devant eux, quelque part du côté de Kerguyomard, une parcelle de cocos paimpolais. À quelques mètres, plusieurs autres Africains, majoritaires sur la vingtaine de «plumeurs» de ce délicieux légume. Ils sont pour la plupart étudiants.
«Un accueil chaleureux»
Discret, Ibrahim confiera être «en droit auHavre, pour deux ans encore». «Je veux être avocat. Je fais cela (les haricots) pour l'argent de poche et payer mes études. Ce sont des amis qui m'ont incité à venir aux cocos». Sans interrompre son travail, il avoue «avoir reçu un accueil chaleureux». Lui et quelques autres campent à la ferme du Merdy. Le chapeau de Fang, un peu cabossé, se remarque. À 21ans, étudiante en économie à Paris, elle envisage de devenir professeur. Au «haricot depuis deux mois», c'est le «bouche-à-oreille qui a fonctionné». Et même si son français connaît quelques imperfections, cela ne l'empêche pas d'atteindre «ses 170 à 180kg, entre 8h et 16h». «La moyenne journalière c'est 160 à 170kg», intervient Danielle Petibon qui ajoute «mais les bons ramasseurs, et j'en ai plusieurs, peuvent atteindre les 300kg par jour».
«On fait du social»
L'exploitante Danielle Petibon, avec sa vingtaine d'hectares de cocos, regrette déjà le prochain départ des étudiants («Ils s'en vont pour la rentrée») et s'inquiète de trouver des remplaçants. «Les Français sont beaucoup trop aidés», déclare-t-elle. Mais dans l'immédiat, ce qui l'obsède c'est le prix du marché. «On a juste de quoi payer le personnel (0,75 EUR le kilo avec les charges). Mercredi, les cocos étaient à 0,78 EUR le kilo au cadran. On fait du social».
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